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« Je crois voir un homme qui a un cœur d’or et une tête de diamant ! »

                                                                                                                                                                                                                Elie Dufaure

 

MONSEIGNEUR BERTEAUD

( Limoges 1798 – Sainte Fortunade 1879 )

 

EVEQUE DE TULLE

( entre 1842 et 1878 )

 

« Une des gloires de la France… »

                                                                                                                                        Elie Dufaure

 

 

Mgr Berteaud

 

« Monseigneur Berteaud était de petite taille, mais de formes assez robustes, et si pénétrées de mouvements et de vie que tout dans son corps semblait esprit. Malgré ses apparences exigues l’on éprouvait, en le voyant, ce sentiment tout particulier, mélange d’admiration et de respect, qu’éveille l’homme né plus grand que les autres et pour leur commander. Ses yeux étaient petits, mais perçants et pleins d’âme, son regard était franc et traduisait avec autant de sincérité que de force, tous ses sentiments (…). Quand il parlait, ses yeux réflétaient toutes les ardeurs et tous les mouvements de sa parole. Il garda jusque dans son extrême vieillesse l’œil vif, éloquent, dominateur des esprits »  Abbé G. Breton.

 

Que reste-t-il donc du souvenir de Monseigneur Berteaud aujourd’hui ?

 

Bien peu de choses en vérité… et je l’ai rapidement mesuré en ayant eu des difficultés pour trouver quelques éléments tangibles le concernant…

 

C’est d’ailleurs l’une des raisons de la mise en ligne de cette page biographique qui est consacrée à celui qui a donné son nom à la place du parvis de la Cathédrale de Tulle ( 1 ), après avoir présidé aux destinées du Diocèse de Tulle durant pas moins de 36 années, et que par ailleurs Maître Elie Dufaure, qui avait eu la possibilité de le rencontrer et de l’écouter, tenait en trés haute estime…

 

 

Biographie rapide

 

 

 

Notes

 

 

 

Bibliographie sommaire

 

 

 

 

 

 

Biographie rapide

 

Jean Baptiste Pierre Léonard Berteaud est né à Limoges, le 30 Novembre 1798, Rue du Collège.

 

Il fréquente d’abord le Collège de Confolens, puis ensuite le Lycée de Limoges, avant d’entrer enfin, en 1813, au Grand Séminaire de cette même ville.

 

Ordonné prêtre le 22 Décembre 1821 – en obtenant une dispense d’âge car il n’a alors que 23 ans - , il garde, au « Petit Séminaire du Dorat » ( 87 ), les fonctions de professeur qu’il exerce depuis… 1816 !

Il n’avait en effet que dix-huit ans lorsqu’il fut chargé pour la première fois de professer la « Philosophie » à des élèves qui étaient pour la plupart à peine moins âgés que lui…

 

 

« Mgr BERTAUD » ( variante orthographique fréquente )

 

A partir de 1826, il quitte l’enseignement pour s’adonner quelque temps au journalisme ( il refuse le poste de rédacteur en chef de « La Gazette de Lyon » et il écrit principalement dans « Le Journal de Limoges » ) …

C’est durant cette période qu’il découvre et approfondit la pensée de Lammenais

 

Il est ensuite nommé Chanoine de Limoges et rapidement, dès 1834, ses prédications deviennent célèbre dans toute la France…

Il prêche des carêmes, des avents, des octaves, à Paris, Montauban, Nantes, Montpellier, Narbonne, Bordeaux, Toulouse, Lyon… « L’univers », dans son numéro du 13 Mars 1836, évoque « un prêtre savant et pieux, vif d’intelligence et ardent de parole [ qui ] exerce sur son auditoire une fascination réelle ».

 

Il fréquente des journalistes, des orateurs, de futurs Académiciens… On parlerait sans doute aujourd’hui probablement d’une certaine « intelligentsia » de son temps !

 

                                              Saint marc Girardin          Villemain               Victor Cousin

                      On prête ce mot à Victor Cousin : « Il n’y a en France que trois hommes qui sachent causer : Thiers, l’Abbé Berteaud et moi » !

 

Quand il est à Paris, le Chanoine Berteaud voit souvent Saint-Marc-Girardin ( 2 ), Villemain ( 3 ) et Victor Cousin ( 4 ). Il se lie aussi d’amitié avec un homme que ses idées éloignaient pourtant des prêtres : Michelet.

 

Ami de Monseigneur Gousset, remarqué par le gouvernement et la Reine, le Chanoine Berteaud est nommé Evêque de Tulle, le 15 Juin 1842, bien qu’il n’ait d’expérience ni de l’activité diocésaine, ni de l’activité paroissiale, ce qui outre son passé de Lammenaisien gêne quelque peu le Saint-siège.

 

Il est sacré dans la Cathédrale de Limoges le 21 Septembre 1842, et il fait son entrée triomphale dans le Diocèse de Tulle le 26 Septembre 1842.

 

     La cathédrale de Tulle - 1893

http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/cathedrale/docimage/tulle/cat_tulle.html

 

 

Le Palmarès des Prix remis le 17 Août 1842, au Petit-Séminaire de Brive où étudie Elie Dufaure ( il est alors en classe de « rhétorique » ), comporte déjà cette dédicace imprimée : « Hommage à Monseigneur Berteaud », alors même que le nouvel évêque est tout juste nommé… Il est vrai que sa réputation n’est plus à faire dans les petits et grands séminaires du Limousin !

L’Evêque Berteaud suivra toujours avec grande attention l’activité des établissements religieux du ressort de son Diocèse…

 

Dès le printemps de 1843, le nouvel Evêque débute la visite de son Diocèse…

Il y a peu de routes, beaucoup de paroisses sont inaccessibles à une voiture… L’Evêque va à cheval, infatigable, visitant jusqu’à trois ou quatre paroisses par jour, prêchant partout et tout au long de la route…

En deux ans il visite toutes les Paroisses du Diocèse de Tulle…

« Il faut que le pasteur connaisse ses brebis et que ses brebis le connaissent. Je veux que chacun de mes diocésains sache quel est son evêquee, qu’il soit bien sûr de pouvoir venir vers lui comme vers un père ; il est donc nécessaire qu’ils me voient tous au plus tôt, que je les voie, que je leur parle »…

 

Bientôt connu de toute la population, il s’en veut proche et prêche en patois… même si dit-on il le savait peu et le parlait mal !

Jusque dans sa cathédrale il y a des sermons en patois et il ne tolère pas qu’on parle une autre langue dans les églises de campagne.

 

En Avril 1848, Mgr Berteaud est Candidat, dans le Département de la Haute-Vienne, à l’élection pour la désignation des membres de l’Assemblée Constituante et il est « classé » comme « Légitimiste »…

Le nombre des voix qu’il recueille est faible, et de nos jours Alain Corbin d’y voir : « une tentative assez curieuse, si l’on songe à l’ampleur de l’anticléricalisme régional, de faire élire Mgr Berteaud dans la Haute-Vienne bien qu’il y soit considéré comme légitimiste »…

 

Dans sa « Notice… », Elie Dufaure évoque, vers 1854, l’évêque de Tulle : « Les prélats qui l’ont occupé [ l’évêché de Tulle ] ont été grands par leurs vertus, leurs talents ou leur naissance. Le clergé a toujours été l’un des plus distingués de France et a fourni sans contredit le plus d’hommes remarquables. L’éminent prélat qui le dirige de nos jours, Monseigneur Bertaud [ sic ] est une des gloires de la France, et, s’il m’était permis de l’apprécier, je dirais que, toutes les fois que j’ai le bonheur d’approcher de sa grandeur, je crois voir un homme qui a un cœur d’or et une tête de diamant ! Je l’aime, comme on aime les choses qu’on admire, sans réserve »…

 

Mais l’Evêque compte aussi des détracteurs…

On trouve ainsi aujourd’hui, en ligne, sur la page http://orthodoxie.free.fr/1_-_l'eglise_orthodoxe_en_france.htm une critique de Mgr Berteaud qui est en relation avec l’une de ses prises de position au milieu du XIXème siècle. Le webmestre de ce site écrit ainsi : « La phrase fameuse et probablement apocryphe mais bien significative qui aurait couru les rues de Constantinople peu avant sa prise par Mahomet Il en 1453 : « Plutôt le turban turc que la tiare latine ». A cette formule fait fidèlement écho, par-delà les siècles, cette phrase que l'on relève non sans stupeur dans une lettre pastorale publiée en 1854 à l'occasion de la guerre de Crimée par Mgr Berteaud, évêque de Tulle, et où ce prélat à l'ultramontanisme exacerbé s'exprime ainsi à propos des orthodoxes orientaux : « Il est des hommes du nom de chrétiens, plus dangereux pour l'Eglise que les païens eux-mêmes » !

 

 Louis Veuillot

« L’Evêque de Tulle n’est pas du tout un prédicateur ; c’est un Evêque, un Père, un homme de Dieu parlant de Dieu, et qui domine sur la foule plutôt encore pour ouvrir que pour enseigner ». Louis Veuillot

 

Dans son Diocèse, Mgr Berteaud reste avant tout un prédicateur.

« Ecco il moi predicatore » ( « voici mon prédicateur » ) dit un jour le Pape Pie IX en tendant les bras à l’évêque de Tulle…

Au cours de ses tournées, quand l’évêque se trouvait, un dimanche, dans une pauvre paroisse de son diocèse, il prenait la place du curé, montait en chaire à la grand’messe, faisait le prône, expliquant l’Evangile du jour en patois, à ses humbles auditeurs, et déployant pour eux tous les charmes de sa parole et toutes les richesses de son imagination.

 

Ultramontain intransigeant, il est ami avec Louis Veuillot ( 5 ).

 

Monseigneur Berteaud visite Rome en 1862, puis s’y rend de nouveau en 1867 et en 1870. Les Gouvernements qui avaient précédé le Second Empire interdisaient aux Evêques le voyage de Rome. Napoléon III leva cette interdiction.

 

D’abord rallié au Régime Impérial, Mgr Berteaud marque ses distances à partir de 1859, en condamnant la politique Italienne du Gouvernement, puis en refusant de déplacer les prêtres en conflit avec l’Administration.

 

                                                                                                                         Pie IX

« L’Evêque de Tulle c’est la tradition vivante de l’église catholique parlée avec toute la poésie du ciel » Pie IX

 

 

Au concile Mgr Berteaud se range parmi les plus fervents partisans de la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale ( 6 ).

 

 

 

C’est au cours de son Ministère Tulliste que Monseigneur Berteaud est amené à décider de la création de la « Paroisse Saint-jean-Baptiste » de Tulle, après avoir prononcé la dissolution, le 5 Juillet 1859, de la « Confrérie des Pénitents Blancs », laquelle confrérie avait été fondée en 1590 ! Un conflit avait éclaté entre le Vicaire Général Lalitte qui se proposait d’établir une Congrégation de filles dans la Chapelle des « Pénitents Blancs » et les confrères qui s’y refusaient… Mgr Berteaud décide de la dissolution mais dans le même temps il institue une commission qui doit jeter les bases d’une nouvelle compagnie ! L’Abbé Pallier ayant pu obtenir « une parcelle du crâne de Saint Jean Baptiste », l’ostentation de cette relique donne lieu à une impressionnante cérémonie religieuse, à Tulle, le 27 Août 1865… Le soir après les vêpres, Monseigneur Berteaud monte en chaire et prononce « un grand et beau sermon » destiné essentiellement à l’adresse des Pénitents. Se servant des paroles de Tertullien [ l’un des pères de l’église Latine… ], il rappelle l’usage des premiers chrétiens qui revêtaient de blanc les nouveaux baptisés pour leur indiquer la pureté et la simplicité de la vie chrétienne...

 

                                       La Lunade à Tulle ( 7 ) les pénitents blancs et la statue de Saint Jean Baptiste

 

 

Sans entrer dans des querelles théologiques on peut se prendre à sourire par rapport à certaines prises de position de Mgr Berteaud

 

Dans une séance de fin d’année à « Sainte-Ursule de Brive » [ Françoise Dufaure, sœur d’Elie Dufaure y fut pensionnaire ] une petite fille récite devant l’évêque la fable « le loup et l’agneau » et celui-ci de réagir : « Qu’est-ce que cela ? Je ne veux pas de cet auteur chez mes vierges chrétiennes. On dit le bon la Fontaine ; non cet homme n’est pas bon, c’est un faux bonhomme ; il est du parti des habiles et des roués. Ne me dites pas qu’il blâme le loup et plain l’agneau ; il trouve au contraire tout naturel que l’agneau soit mangé. Cet homme est ainsi dans toutes ses fables ; il méprise les simples et les bons ; les méchants qui ont de l’esprit et de l’audace, il les aime, il les admire, il encourage à les imiter. Allons ! C’est un contresens qu’on ait fait de cet homme un des maitres de l’enfance et le plus écouté. »

 

 

 

 

On a souvent dit qu’il était l’ennemi de la science et de l’industrie… Tout le progrès matériel lui semblait méprisable…

De toutes les inventions modernes le chemin de fer est celle qu’il appela le plus de ses malédictions…

L’inauguration en 1863 de la ligne de chemin de fer de Périgueux à Brive donna lieu de la part de l’évêque à un discours qui forgea une polémique : «  Arrière, monstre aux flancs de fer, aux narines de feu ! On dit que tu apportes la civilisation, tu n’apportes que la barbarie ! (…) La croix était à tous les angles des vieux chemins, vos chemins de fer n’ont pas de croix ; où mènent-ils donc ? Qui nous le dira ? Sur ces chemins, plus rien désormais pour le pauvre que le spectacle des jouissances du riche (…). Vous cachez le ciel au voyageur que vous enfermez dans ces caisses, et vous lui dérobez la vue de la terre. »

Le Préfet, les Députés du Département, le Sénateur de Richemont représentant l’Empereur, étaient présents et bien convaincus pour leur part d’ouvrir l’ère du progrès pour la Corrèze !

Le soir au banquet, auquel l’évêque Berteaud ne participait pas, le Baron de Jouvenel affirma en réplique au discours du matin que la religion devait se féliciter de la création des chemins de fer « puisqu’ils servaient à transporter [ nos ] vaillants missionnaires » !

 

 

 

Atteint par la vieillesse, Monseigneur Berteaud démissionne le 3 Septembre 1878. Il meurt peu de temps après, le 2 Mai 1879, alors qu’il est retiré au « Château de la Morguie », l’une des résidences des évêques de Tulle, un petit manoir situé sur le territoire de la Commune de Sainte Fortunade ( Corrèze ).

 

http://www.ste-fortunade.correze.net/tourisme.html

 

château de La Morguie (© Marie-Madeleine Macary)

http://www.correze.org/chateaux.htm

 

L’Evêque avait quatre vingt et un an et il aura été à la tête du Diocèse de Tulle durant 36 ans !

 

 

 

Notes

 

( 1 ) « La Place Monseigneur Berteaud » au cœur de la ville de Tulle fait l’objet d’un important projet de remise en valeur conduit par l’architecte Raiko Gourdon.

« Ô Tulle, ô ma Tulle, tu as été heureuse dès l’aurore du bonheur. Tu es comme la Béthléem de notre terre promise ; la Corrèze est le Jourdain des Gaules. Tu seras heureuse, ô ma ville bien-aimée, si tu sais rester fidèle à ton bonheur. (…) Je ne veux pas de Tulle médiocre, je ne veux pas de Tulle égarée ; je ne veux pas de Tulle malheureuse ; je veux la Tulle des béatitudes traditionnelles de sa naissance, scellées à nouveau le jour de mon sacre : O beata Tutela nostra ! »  Discours de Mgr Berteaud, pour le vingt-cinquième anniversaire de sa consécration.

 

                                                                                      

 

( 2 ) Marc Girardin, dit Saint-Marc Girardin ( il se canonisa lui-même ! ) ( 1801 – 1873 ) : né à Paris en 1801 il suivit les cours de l’École de droit en même temps que ceux de la Faculté des Lettres. Agrégé de lettres supérieures en 1823, il se destina au professorat. Ses opinions libérales le tinrent éloigné de l’Université jusqu’en 1826, époque à laquelle il obtint une place de professeur à Louis le Grand. La même année, il concourut pour le prix d’éloquence proposé par l’Académie et obtint un accessit. L’année suivante, il partagea le prix avec Patin pour L’éloge de Bossuet et en 1828 il obtint encore le même prix partagé avec Philarète Chasles. En même temps, il débutait avec éclat au « Journal des Débats » dont il resta le collaborateur assidu pendant quarante-cinq ans. En 1833, il quitta la chaire d’histoire pour celle de poésie où il devait conquérir une grande réputation. Sa parole, aisée et naturelle, dégagée de tout pédantisme, rendait son cours attrayant. En 1834, il est élu député de la Haute-Vienne. En politique, comme journaliste et comme député, rallié complètement au gouvernement, il se fait l’avocat de la bourgeoisie et attaque assez vivement les républicains ; Il publia des textes qui décidèrent de l’élection du professeur journaliste à l’Académie française.

Aux élections complémentaires de juillet 1871, Saint-Marc Girardin fut élu député Vice-président de la Chambre, puis il fit partie en 1872 de la députation qui avait pour objet de barrer la route à la république. Il mourut pendant les vacances parlementaires le 11 avril 1873 à Morsang-sur-Seine.

 

( 3 ) Abel François Villemain ( 1790-1870 ), né et mort à Paris, il fut nommé professeur de littérature française à la Sorbonne en 1816. Pair de France en 1832, il fut ministre de l'instruction publique de 1840 à 1844 et entreprit une réforme de l'enseignement secondaire. De tendance libérale en politique, il exerça une certaine influence sur le mouvement romantique par ses études de critique historique et de littérature comparée. On lui doit un Cours de littérature française (1828-1829) et des Études de littérature ancienne et étrangère (1846).

 

( 4 ) Victor Cousin ( 1792-1867 ) : philosophe français, fondateur de l'éclectisme. Né à Paris, Cousin fait ses études à l'École normale et dans différentes facultés parisiennes. Chargé de conférences de philosophie à l'École normale alors qu'il avait vingt et un ans, il devient assistant à la faculté des lettres, en 1815, puis est nommé directeur de l'École normale, en 1834.

Conseiller d'État sous la monarchie de Juillet, pair de France dès 1832, Victor Cousin joua un rôle éminent dans la vie politique : il est l'inspirateur de la réforme de Guizot sur l’enseignement primaire ( 1833 ) et occupe le poste de ministre de l'Instruction publique pendant huit mois, en 1840, dans le cabinet Thiers ; l'étude de l'histoire de la philosophie est introduite dans le programme scolaire à son initiative.

 

( 5 ) Louis Veuillot ( 1813-1883 ) : journaliste français, qui fut l'un des grands polémistes du parti catholique dans la seconde moitié du XIXe siècle. Entré en 1839 au quotidien « l'Univers » qui avait été fondé six ans plus tôt, après la condamnation de « l'Avenir », pour donner un organe de presse au parti ultramontain, Louis Veuillot en devint vite le rédacteur en chef.

A la tête d'un titre dont il fit un puissant et influent organe de presse, il exerça sur le clergé français une direction de conscience religieuse et politique, et lui inculqua une soumission absolue à la papauté. Il eut des démêlés avec une partie de l'épiscopat mais fut soutenu par Pie IX, dans ses polémiques avec Montalembert et les catholiques libéraux, et avec l'Empire auquel il s'était d'abord rallié, avant de voir son journal supprimé à cause de son opposition à la politique italienne de Napoléon III.

Éditorialiste influent, polémiste redoutable et redouté, il milita en faveur de l'infaillibilité, jusqu'à la promulgation de ce dogme en 1870.

 

( 6 ) L’infaillibilité Papale : Le 28 juin 1868, la Bulle « Aeterni Patria » convoque les évêques du monde catholique pour un concile devant se tenir à Rome dés le 8 décembre 1869. Une certaine presse romaine et parisienne, inspirée par le Vatican, ultramontaine, c’est à dire partisane du pouvoir absolu du pape, développe alors l'idée que le but principal du concile serait de définir le dogme de l'infaillibilité pontificale.

Lorsqu'on s'aperçut que la doctrine moyenâgeuse sur la papauté devait être définie comme dogme, 380 des 778 évêques présents appuyèrent cette proposition ; 136 évêques s'y opposèrent. Entre les deux partis les débats furent tumultueux. Les évêques de la minorité étaient soutenus par des érudits connus dans toute l'Europe, avec des personnalités éminentes comme Monseigneur Dupanloup, l'historien Döllinger ou l'évêque de Mayence von Ketteler.

La crise politique entre la Prusse et la France apporta au pape un avantage inespéré : les évêques allemands et français durent regagner leurs diocèses. L'opposition perdait ainsi 57 voix précieuses. La plupart des adversaires restants étaient des évêques italiens. Leur situation financière dépendait du pape et celui-ci abusa de la situation en laissant supposer qu'il pourrait leur couper les vivres.

Le 18 juillet 1870, Pie IX définit que le double dogme de la primauté universelle de droit divin et l'infaillibilité du pape étaient une vérité de foi divinement révélée.

La promulgation du dogme de « l'infaillibilité pontificale » entraîna en Suisse et en Allemagne le schisme des vieux-catholiques. En France, où le parti gallican emmené par Mgr Dupanloup avait déclaré que cette prétention est « la plus grande insolence qui se soit jusqu'ici perpétrée au nom de Jésus-Christ », des réactions ponctuelles se manifestèrent. Seuls quelques prêtres, dans la fidélité à leur conscience et à ce qu'ils avaient reçu de l'Eglise Gallicane, bravèrent les foudres excommunicatoires du Vatican.

D’après : http://www.gallican.org/vatican1.htm

 

( 7 ) La Lunade : Jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, la Confrérie des Pénitents Blancs de Tulle célèbrera chaque année la fête de son Saint Patron, lors de « la Lunade », la procession traditionnelle de la vie Tulliste… Cette célébration Tulliste de « la Lunade » sera clandestine en 1898… On accusera en effet le Maire d’être prêt à faire intervenir « l’Armée contre la procession pour servir la Maçonnerie contre onze bigots et deux cent dévotes » ! …

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

Outre les « sites internet » mentionnés en référence, cette page a été composée essentiellement à partir d’éléments d’information contenus dans les ouvrages suivants :

 

Bibliothèque personnelle du webmestre :

 

Mgr Berteaud, Evêque de Tulle – Un évêque d’autrefois     par l’Abbé G. Breton     Bloud et Barral   Libraires-Editeurs  1898

 

Mgr Berteaud, évêque de Tulle (1798-1879)   Signé : L. Breton    ″Les Contemporains″, n ̊ 95

 

Dictionnaire du Second Empire    Notice « Berteaud » par J-O Boudon     Sous la Direction de J. Tulard    Fayard 1995

 

La Vie Quotidienne en Limousin au XIXème Siècle     G-E Clancier    Hachette 1976

 

Archaïsme et Modernité en Limousin au XIXème Siècle      Alain Corbin     Rivière 1975     PULIM 1998

 

 

Ressources virtuelles :

 

Sur   http://gallica.bnf.fr/

 

Portraits du XIXème siècle – Tome III « Les Apologistes »   par Léon Gautier   Sanard et Derangeaon   Libraires-Editeurs  1894-1895

 

Histoire de la littérature française, le XIXe siècle  les Prosateurs. Tome I    par Frédéric Godefroy   Paris 1879  Reprint Kraus 1967

 

 

 

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