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APPROCHE DES CIRCONSTANCES DE DISPARITION

DES ENFANTS D’ESTIVAUX DURANT LA GRANDE GUERRE

 

1914

 

1915

 

1916

 

1917

 

1918

 

1919

 

                                                  

 

 

1914

 

Henri BACHELLERIE 111ème Régiment d’Infanterie Mort le 20 Août 1914 à DIEUZE – BIDESTROFF ( MOSELLE )

 

La « guerre » d’Henri Bachellerie aura duré moins de trois semaines entre le départ de son Régiment de sa ville de garnison le 9 Août et le combat de Dieuze le 20 Août. Un seul Henri Bachellerie est répertorié sur le site « Mémoire des Hommes » et même si sa fiche est incomplète quant à son lieu de naissance, la transcription de son acte de décès sur le registre de la commune de Sadroc me conforte dans l’idée qu’il s’agit bien du soldat inscrit sur le monument d’Estivaux.

Henri Bachellerie est tombé précisément à Bidestroff Il est inhumé à Riche Tombe individuelle n°574. Cette nécropole rassemble les dépouilles de 2208 soldats dont 577 inconnus tués lors de l’offensive de Lorraine (bataille des 3 frontières) qui s’est déroulée dans ce secteur les 19 et 20 août 1914. On y trouve 1105 tombes individuelles et deux fosses communes

 

Au tout début de la Guerre tout avait commencé dans l’euphorie pour le 111ème RI : « Tout le long du voyage, à toutes les gares, à tous les arrêts, c’était plein de femmes, de jeunes filles nous donnant du vin, de la grenadine pour nous désaltérer car il faisait très chaud dans ces wagons. » « Nous avons fait un long voyage dont à tous les arrêts du train les gens nous distribuaient du vin, des liqueurs, des fruits, etc., mais ne restez point étonné si je ne vous dis pas le pays où je me trouve, je ne puis pas vous le dire, c’est un secret. » « Enfin, si ça va toujours comme à présent, nous retournons, nous n’avons pas encore vu l’ennemi, et puis le jour de la rencontre, nous y ferons face, il faut avoir bon courage et tout ira bien » écrivaient les soldats Victor François André du 111ème RI ( fait prisonnier le 20 août 1914 à Bidestroff ) ou Jules Pascal, également soldat du 111e RI

Le 111ème RI a quitté Antibes le 9 Août 1914… Le 11 Août il débarque à Diarville ( Meurthe et Moselle ).

Le Régiment est engagé le 14 Août 1914 dans le combat de Montcourt, l’artillerie ennemie tire dans le flanc des troupes d’attaque et cause des pertes sensibles… Le régiment participe à la prise du village que l’ennemi évacue… le 14 août, dans l’assaut du village de Montcourt, les hommes prennent conscience que la guerre ne sera pas l’affaire de corps à corps mais de puissance de feu : « Des fantassins ennemis, nul n’en vit en ce jour du 14, pas plus que d’artilleurs. D’où partaient ces balles qui fauchaient nos rangs ? Où s’étaient enfouies ces batteries dont les obus creusaient en bouillie les malheureux qu’ils atteignaient ? Rien. On ne voyait rien ».

Le 19 août 1914, c’est la montée des 111ème RI d’Antibes, 112ème de Toulon et 141ème de Marseille sur Bidestroff, sous un déluge d’obus et de balles… Le 111ème RI a pour objectif la côte 230 au nord du moulin de Bidestroff, et longe le ruisseau nord du canal des Salines.

Sous le bombardement, les biffins se plaquent au sol, formant la tortue, leur barda sur leur tête pour se protéger des marmites puis bondissent en avant.

Le 111ème RI s’en va occuper la ferme Wolfert, à droite.

Le 20 août 1914, encouragée par un brouillard qui règne sur tout le champ de bataille, débute la grande contre-attaque allemande. Dès la pointe du jour, la fusillade et la canonnade recommencent.

En position sur 2 kilomètres entre Bidestroff et Wolfert, le 111ème RI ne reçoit pas l’ordre de repli puisque ses agents de liaison envoyés aux nouvelles ne sont pas revenus. Cernés par l’ennemi, peu d’hommes réussissent à s’enfuir. Après 3/4h de résistance, les débris du 111ème RI se retirent du côté de Zommange qui est violemment bombardé par l’artillerie ennemie, puis par l’artillerie française. Le 24ème B.C.A. tente de résister. Ses hommes, à bout de force, retrouvant en chemin des fantassins égarés, se replient au sud de l’étang par Assenoncourt et Gélucourt.

Toute la plaine de Dieuze est soumise à un feu formidable d’artillerie, d'infanterie et de mitrailleuses de l'ennemi qui est déjà au moulin de Bidestroff…

Le 111ème R I dénombre 121 tués à Moncourt et 262 tués à Dieuze soit 383 morts… Henri Bachellerie est de leur nombre !

 

 

 

Antoine Alexandre LAJUGIE 211ème Régiment d’Infanterie « disparu au combat » le 24/8/1914 à ETON ( MEUSE )

 

La fiche d’Antoine Lajugie sur le site « Mémoire des Hommes » porte le prénom « Alexandre » mais indique bien Estivaux comme lieu de naissance. Sa guerre aura également duré moins de trois semaines !

 

En Août 1914 le 211ème Régiment d’Infanterie est en garnison à Montauban.

Retraite des 3e et 4e Armées : Eton  Consenvoye (début sept.)

Eton, en première ligne dès le début de la Grande Guerre, comme toute cette partie de la Woëvre, fut incendié par les Allemands le 24 août 1914 et entièrement détruit.

Un seul immeuble put être réparé à la fin de la guerre; les 128 autres, en ruine, furent voués à la pioche du démolisseur .

Le déblaiement du terrain commença en juillet 1919 ( 280 habitants étaient alors rentrés ) et le 12 octobre, le Conseil Municipal désigna, pour entreprendre la reconstruction du village, un architecte nancéien réputé: Joseph Hornecker. Mais ce dernier, qui menait déjà les chantiers d'Etain et de Rouvres, dut renoncer

Le Régiment sera dissous en Avril 1916

 

Jean Joseph TRONC 108ème Régiment d’Infanterie « tué à l’ennemi » le 24/8/1914 à CARIGNAN BLAGNY ( ARDENNE )

 

La fiche de Jean Tronc sur le site « Mémoire des Hommes » porte le prénom « Joseph», mais indique bien Estivaux comme lieu de naissance. Sa guerre aura également duré moins de trois semaines… Sa sépulture est déclarée « inconnue »… Ci-dessous le parcours de son Régiment durant le premier mois de guerre…

 

En 1914 le 108ème RI a pour casernement : Bergerac.

Le Régiment appartient aux 47e Brigade d'infanterie; 24e Division d'infanterie et 12e Corps d'Armée

Son parcours en 1914 passe par les étapes suivantes :

En Belgique : Saint Médart , Florenville ( 22-23 août )

Retraite des 3e et 4e Armées : Carignan ( 28 août )

Bataille de la Marne ( 5 au 13 septembre ) : Châtelraould , Courdemanges , sud de Vitry Le François

 

Léon COMBY 60ème Régiment d’Infanterie « tué à l’ennemi » le 29/8/1914 à HARBONNIERES ( SOMME )

 

Cinq jours de guerre de plus que le tué précédent pour Léon Comby, tué au moment de l’avancée irrésistible de l’armée de Von Kluck dans les plaines picardes…

 

Le régiment s’était embarqué à Belfort le 26 Août dans la matinée ; Officiers et soldats ignorent les événements militaires qui se sont déroulés dans le Nord, les défaites de Charleroi et de Mons, la retraite sur la ligne de la Somme, la marche de Von Kluck, tous se perdent en conjectures sur la destination du régiment. Finalement tout le monde débarque le 27 au soir dans la region de villers bretonneux, un village dont le nom reviendra par la suite souvent dans l’histoire du 60ème.

Le régiment va cantonner dans la zone de Bayonvillers, Harbonnières, Guillaucourt. La chaleur est accablante. Le spectacle de ces plaines immenses coupées de routes sur lesquelles s’allonge indéfiniment la file des gens qui fuient l’invasion, chassant devant eux leur bétail, traînant sur des petites charrettes ce qu’ils ont de plus précieux, campant la nuit par troupes nombreuses aux portes des villages et reprenant au petit jour leur marche échevelée sans savoir au juste où porter leurs pas. Tout cela provoque chez nous l’étonnement et un certain malaise.

Le 28 est une journée de repos.

Le 29, le régiment est alerté au petit jour et se porte sur rosière, Rainecourt, Proyart et Framerville. Les avant-gardes de l’armée de Von Kluck approchent. « Tout semble indiquer l’intention des allemands de déborder l’armée Française par la gauche ». Le 28 ils ont occupé Péronne, le 29 ils attaquent vers 9 h 30. Le poids de l’attaque porte surtout sur le 44ème et sur le 60ème soutenus par les 45ème et 55ème Chasseurs. Un combat acharné s’engage autour de Proyart, Rainecourt et Framerville. Le premier de ces villages est perdu, puis repris et successivement la plus grande partie des corps de la Division viennent renforcer les éléments de première ligne qui résistent avec acharnement à la poussée ennemie, malgré l’effet puissant produit par les « gros noirs » que l’on entend pour la première fois et qui seraient capables de jeter le trouble dans des troupes moins bien trempées.

Le Capitaine Faucompré de la 1ère Compagnie, est tué en s’obstinant à rester debout.

Le Général Berge commandant la Brigade est blessé et il passe son commandement au Colonel Bourquin, et le Commandant de Pirey dirige désormais le Régiment.

La 8ème Compagnie, chargée de délivrer une batterie du 47ème qui est en péril d’être prise, part à l’attaque.

Le Capitaine Denny et le Lieutenant Bonmarchand sont tués et reposeront par la suite dans la même tombe. Le Lieutenant Dupuy continue la charge qui dégage la batterie. La 3ème Compagnie ( Capitaine Reverchon ) reçoit l’heure vers 11 heures d’attaquer la cote 80 derrière laquelle se trouve une batterie de 77 allemande. En cinq minutes la compagnie est balayée et son chef est atteint d’une balle qui lui fracasse la mâchoire. Le cyclise Gendre, tué depuis, se fait alors remarquer par son sang froid et son courage extraordinaire, en portant les ordres à travers champs dans les conditions les plus difficiles.

Pendant ce temps, le 3ème Bataillon est en réserve. Il reçoit l’ordre d’aller renforcer le 2ème, en même temps que le 35ème et le 42ème commencent à entrer en ligne. Mais le Corps d’Armée envoie bientôt l’avis de rompre le combat et de faire un mouvement de repli sous la protection du 35ème. Mais le mouvement de rupture, très difficile à exécuter en plein jour et dans des conditions particulièrement délicates est commencé à partir de 17 h 30.

Ce fut l’occasion de pertes très sensibles pour les troupes engagées. Il se fait néanmoins en deux colonnes, lentement et en bon ordre.

Beaucoup de blessés restèrent sur le terrain faute de moyens de transport.

Les allemands tardèrent beaucoup à relever nos blessés. Quelques-uns se traînèrent ou furent transportés dans une grange, les autres laissés sur le terrain y succombèrent pour la plupart. Une partie cependant fut sauvée par les habitants d’Amiens. Les morts du régiment furent inhumés sur place ou au cimetière de Framerville où le Curé en recueillit 60.

L’ennemi subit lui aussi de très grosses pertes : 2 000 tués furent, assure-t-on, le prix de son succés. On releva trois allemands pour un français sur le terrain sur le champ de bataille et le capitaine Allemand Kietzmann, du 49ème RI écrit dans son carnet de route à la date du 29 : « pour la première fois nos troupes se sont trouvées aujourd’hui en face des troupes Françaises de l’active, paraissant à peu près fortes d’une brigade surun front étendu et qui aurait pour mission d’arrêter notre marche en utilisant merveilleusement le terrain »…

Cette brigade, c’était la 27ème. Le 60ème y était allé magnifiquement de toute son énergie.

 

 

Pierre Jean RI(E)BIERE 326ème Régiment d’Infanterie « Mort » du 8 au 17 Septembre 1914 Secteur de VITRY le François ( Marne )

 

Henri Aimé DUTHEIL 11ème Régiment d’Infanterie Disparu le 9 Septembre 1914 à CHATELRAOULT COTE 130 COTE 174   ( Marne )

 

Pierre Firmin BERGER 126ème Régiment d’Infanterie Disparu entre le 13 et le 15 Septembre 1914  Secteur de VITRY le François

 

Joanes ( Jean ) BOUTOT 126ème Régiment d’Infanterie Mort le 20 Septembre 1914  à l’Hopital de CAHORS ( Lot )

 

Louis Pierre PORCHER 326ème Régiment d’Infanterie Mort le 19 Octobre 1914  à CHALONS sur Marne ( Marne )

 

Ces cinq hommes qui appartenaient aux 126ème RI et 326ème RI de Brive, et au 11ème RI de Montauban, sont tombés au cours, ou du fait des suites, des premiers engagements de leur régiment relatifs à la « Bataille de la Marne »…

L’incertitude existe pour Joanes Boutot qui avait été rapatrié sur Cahors et qui avait peut être été blessé, un plus tôt, en Août 1914…

Les lignes qui suivent retracent ces premières semaines de guerre…

L’engagement des 126ème et 326ème de Brive au « Mont Moret » demeure l’un des plus hauts faits d’armes du Régiment durant la grande guerre.

 

 

Départ de Brive

Les premiers placards de mobilisation sont à peine affichés à Brive que déjà, à la porte de la caserne, s’est formé un attroupement nombreux. Les officiers de complément, les réservistes de la ville, arrivent en tout hâte au quartier prendre contact avec leurs camarades sous les armes. Et qui ne se rappelle la minute de recueillement religieux, suivie d’une immense clameur, véritable serment de fidélité, lorsque la musique du Régiment, groupée devant l’Hôtel de ville, le 1er Août 1914, à 21 heures, attaqua la Marseillaise.

Dès le lendemain, les trains déversent dans Brive de solides « gars » venus de tous les coins de la Corrèze, de la Creuse, de la Haute-Vienne, de la Dordogne, réservistes du 126ème et du 326ème, territoriaux du 95ème.

Le 7 Août 1914, le régiment était prêt et quand le Colonel Dubois en passa la revue, il put lire sur tous les visages et dans tous les yeux des soldats, alignés sur la Guierle, la résolution de défendre jusqu’à la mort le Drapeau, leur drapeau, qui flottait bien haut au milieu du terrain…

Le 126ème quitte Brive le 8 Août. Son voyage vers la frontière, par Limoges, Troyes, Saint-Dizier est une longue marche triomphale.

Vers la Belgique

Il débarque le 10 Août à Villers-Daucourt, puis longe la lisière Est de l’Argonne, cantonne à Rarécourt le 12 Août, à Epinonville, Esclifontaine le 14 Août, à Ancreville le 15 Août, à Martincourt et Malandry le 16 Août, à Sailly le 19 Août.

Il quitte ce dernier village le 20 Août et exécute une marche de nuit par Blagny et Trembloy sur Florenville qu’il est chargé d’organiser défensivement .

Le 21 Août à 13 heures la cannonade se fait entendre. On apprend que le 100ème R.I. est aux prises avec l’ennemi.

Le 3ème Bataillon ( Commandant Laporte ) reçoit l’ordre de se rapprocher de la zone d’attaque. Il exécute sa marche d’approche, à certains moments sous le feu ; au moment où l’attaque est imminente un orage épouvantable interrompt les hostilités, et le feu cesse peu après.

Le 22 Août la division marche sur Recogne, à travers la forêt d’Herbemont, vers 10 heures des coups de feu se font entendre vers Névraumont. La crête au nord du village est occupée. Le combat s’engage. Le 3ème Bataillon est mis à la disposition de la 47ème Brigade. Le 2ème bataillon est poussé à Névraumont.

Vers 18 heures, le Régiment, coupé par des fractions de la 47ème Brigade, se trouve face au bois de Rossard, qu’il a pour mission d’enlever. Après une courte préparation d’artillerie, les 1er et 2ème Bataillons s’élancent à la baïonnette sur le bois, l’enlèvent et pénètrent dans le village de Rossart.

Le Commandant Saint-Martin, le Capitaine Benard et treize soldats sont tués au cours de l’action.

Le lendemain, 23 Août, au petit jour, le Régiment reçoit l’ordre de se replier sur la lisière nord de Saint-Médard. Le 3ème Bataillon y est à peine installé que l’artillerie ennemie se déclenche criblant le village de projectiles.

De nouveaux replis sont effectués par ordre sur la ligne boisée au sud de Saint-Médard puis sur Florentville, où nous arrivons vers 16 heures et enfin sur Tremblois où le régiment s’installe au cantonnement de bivouac ; le 24 Août à 4 heures les 1er et 3ème bataillons s’établissent en position défensive face au nord sur les hauteurs des deux-villes. La journée s’annonce rude car, dès 8 heures, nos batteries tirent à toute volée. A dix heures, les 1er et 2ème Bataillon se portent à hauteur du Mont Tilleul et appuie une attaque, de la 47ème brigade et du 326ème RI, qui échoue, pour arrêter la progression de l’ennemi. Vers 17 heures l’infanterie allemande progresse couverte par un puissant tir d’artillerie. Plusieurs contre-attaques sont exécutées par des unités mélangées du 126ème, la 47ème Brigade et le 326ème pour arrêter la progression de l’ennemi.

La retraite

Le soir nous recevons l’ordre de battre en retraite sur Blagny. La douloureuse marche en arrière commence.

Le 25 Août le régiment cantonne à Mouzon.

Le 26 Août, il reçoit l’ordre de s’établir aux avants-Postes pour défendre les passages de la Meuse. La journée se passe à attendre l’ennemi qui manifeste seulement sa présence par une violente canonnade à explosifs, qui cause des pertes sérieuses au 2ème Bataillon.

A la tombée du jour, la retraite recommence.

Le 28 Août le régiment fait face à l’ennemi et combat vaillamment tout le jour pour arrêter, quelques heures, l’adversaire.

Le 31 Août il reçoit l’ordre de défendre Voncq. Il n’y a pas de lutte d’infanterie, celle la c’est le 326ème qui l’engage et la supporte vaillamment vers Semuy. Par exemple Voncq est en prise à une canonnade violente, en particulier vers le soir, qui nous cause des pertes sévères.

Dans la nuit survient l’ordre de se replier sur Monthois. Nous y arrivons vers 17 heures et chacun espère prendre un peu de repos dans ce bon cantonnement. Mais il faut repartir sans arrêt. Le lendemain nous arrivons à Somme-Py. Deux heures de sommeil et la pénible marche recommence, quelque fois sous le canon de l’ennemi par Saint Hilaire, Cuperly, Vadenay, Saint Etienne au temple, Chalons où on arrive à cinq heures le 4 Septembre.

Le régiment est exténué. Il se traîne. Si un paquet de cavalerie ennemie apparaît tout est à craindre.

Après avoir franchi la Marne, à Sarry le colonel prescrit un arrêt à Orgny aux bœufs. Nous prenons là un peu de repos et un premier repas, puis nous gagnons lentement, péniblement, le cantonnement de La Chaussée.

Où donc s’arrêtera la retraite ? Enfin, le 4 Septembre 1914, au soir tandis que des bataillons se préparent au départ, un ordre arrive, galvanisant les énergies défaillantes ; c’est celui de Joffre ordonnant l’offensive de la Marne : «  Le moment de regarder en arrière n’est plus ».

L’offensive sur la Marne…

Chatelraoult, le Mont Moret

Le 8 Septembre 1914, le régiment qui s’est reposé et réorganisé à Chalettes, avant de reprendre la marche en avant, est mis à la disposition de la 47ème Brigade qui fait tête à l’ennemi dans la région de Chatelraoult.

Le 1er Bataillon reçoit mission d’attaquer Courdemanges par l’Est, le 3ème est chargé d’enlever la côte 130, à l’ouest de ce village. Le 2ème Bataillon se rassemble à la lisière sud de Chatelraoult, en réserve de brigade.

Les attaques débouchent à onze heures. Celle du 1er Bataillon est arrêtée net, par l’intervention de l’artillerie lourde allemande et un feu violent de mousqueterie, partant du Mont Moret que l’ennemi occupe. Le 2ème Bataillon reçoit l’ordre d’enlever cette position. Après un premier assaut infructueux, il réussit à y prendre pied à dix neuf heures, en même temps que le 326ème.

Dans la région de Château-Beaucamps, le 3ème bataillon a atteint ses objectifs et repoussé un furieux assaut de l’ennemi.

Le lendemain on se bat toute la journée sur les mêmes emplacements. Vers 18 heures, après un court réglage, l’artillerie lourde allemande effectue, sur les abords de l‘église de Chatelraoult, un bombardement terrible qui dure une heure. Tout ce qui est aux abords de l’église de Châtelraould disparaît sous les décombres des habitations voisines. Un obus tombe en plein sur le poste de secours, ensevelissant, sous les décombres, presque tous les blessés et causant des pertes cruelles.

Le 10 Septembre, la lutte continue sur tout le front mais on a déjà la sensation que l’ennemi fléchit. Son infanterie ne prononce aucune attaque mais par contre son artillerie exécute des « tirs d’arrosage » particulièrement violent sur Chatelraoult et ses abords.

La relève des blessés est presque impossible, et pourtant il en reste un grand nombre sur le champ de bataille.

L’air de Chatelraoult est empuanti, la pestilence commence.

Il est urgent d’assainir le champ de bataille. On s’y emploie dès la tombée du jour. Le Médecin Major Saulay, qui s’est déjà dépensé sans compter, depuis trois jours, fait preuve d’un dévouement absolu dans la relève, les soins, l’évacuation des blessés et l’inhumation des morts.

                               

Aux combattants du Mont Moret   8, 9, 10septembre 1914   Au126ème RI et au326ème RI de Brive   vainqueurs au Mont Moret

Suippes – Moulin des Wacques

L’offensive va enfin succéder à cette lutte passive. Le 11 Septembre, à midi, le régiment reçoit l’ordre de se porter en avant. Il ne trouve devant lui que des cadavres. L’ennemi a profité de la nuit pour se décrocher.

Après avoir franchi la Marne à Couvrot, il poursuit sa marche par Saint-Lumier, Bassu, Vannault le Chatel, Somme-Bionne, Hans puis Saint Jean sur tourbe, villages pillés et brulés en partie.

Le 16 Septembre 1914i il glisse vers l’Ouest. Par Somme-Suippes, Suippes, ferme de Jonchery où il bivouaque sous la pluie, dans la nuit du 17 au 18 Septembre.

Le 19 Septembre, dès quatre heures, le 126ème se porte vers le Nord se rapprochant ainsi du 100ème prêt à agir.

A 14 heures, il est chargé d’attaquer la côte 160 à 1 500 mètres au Nord Ouest du Moulin des Wacques. La marche d’approche, sous le feu, s’exécute, très lente, sous le feu, au prix de pertes sérieuses. La nuit arrive, très obscure, avant que l’attaque ait pu être prononcée.

Elle commence le lendemain 20 Septembre, dès le jour, lente, méthodique, par infiltration, mais le commandement s’étonne de cette lenteur.

Il veut la côte 160 pour le soir et donne l’ordre de prononcer une attaque vigoureuse. Un bataillon de plus est mis en ligne. Nos unités poussent résolument de l’avant, gagnent quelques centaines de mètres, chèrement payées au prix de 400 hommes.

Les Lieutenants Planchou et Bartuel sont tués. Les troupes du 126ème s’accrochent désespérément au terrain, cherchent à en gagner davantage, creusent des abris légers sous un feu des plus meurtriers… et la nuit vient en même temps que l’ordre de faire de nuit ce qui n’a pas réussi de jour.

Le 1er Bataillon chargé de cette attaque débouche, le 21 Septembre à 2 heures 45, des tranchées qu’il occupe au nord du bois des Wacques et se dirige vers le saillant de la lisère boisée, à l’Ouest de la cote 160, pour enlever les organisations ennemies qui sont en avant de cette lisière. Il prend une formation appropriée à l’obscurité de la nuit et à la nécessité de ne pas se disperser. La 2ème Compagnie ( Capitaine Fenoul ) chargée de la direction s’acquitte parfaitement de cette mission délicate.

Le Bataillon arrive sur les tranchées vers 3 heures 30. Les patrouilles de sûreté rencontrent des sentinelles et les tuent à coups de baïonnettes. L’une d’elle néanmoins tire un coup de fusil, une autre peut s’échapper en criant « Alert ! » et en sifflant trois fois.

La Compagnie de tête traverse une première tranchée dont les défenseurs se retirent rapidement, non sans laisser plusieurs victimes et de nombreux fusils, puis elle continue sa marche en avant, atteint une nouvelle tranchée dont les occupants, après quelques coups de feu, se replient énergiquement, poursuivis par les nôtres. Il se retirent dans les bois d’ou part bientôt une violente fusillade qui oblige la 2ème à se terrer.

La 3ème Compagnie ( Capitaine Sallerin ) en echelon à gauche de la Cie Fenoul, se déploie en entendant le signal d’alerte. Lorsque les coups de feu éclatent avec violence, le Capitaine Sallerin, sentant la seconde compagnie en péril, s’élance à la tête de sa compagnie qu’il entraine en avant en criant : «  Nous n’allons pas laisser égorger la 2ème »

La 3ème traverse une tranchée sans s’en rendre compte immédiatement, lorsque, emportée par son élan, elle l’a dépassée d’au moins quinze mètres, des rafales de mitrailleuses, venant des tranchées traversées par les 2ème et 3ème , fauchent la Compagnie qui, en cinq minutes, perd plus de la moitié de son effectif.

Le Capitaine Sallerin est enfoui sous les cadavres et ne doit son salut qu’à cette circonstance. S’étant dégagé, il se trouve seul avec trois hommes, se porte sous bois, rallie les survivants de son unité et, après avoir attendu un certain temps, suit le mouvement général de repli.

Les autres compagnies du bataillon , disposées en échelon, à droite de la 2ème Compagnie, se heurtèrent à des abattis, subirent également les rafales de mitrailleuses, tourbillonnèrent dans la nuit et finalement se replièrent dans la direction générale du Moulin des Wacques.

En résumé, l’action des mitrailleuses, par les pertes sensibles qu’elle a causées, par son effet moral sur les hommes, a changé en échec un succés qui était presque obtenu. Cette tragique nuit nous coûte plus de 400 hommes, tous tués.

Le régiment, mutilé, est relevé le 23 Septembre et va s’installer à nouveau au bivouac de la ferme de Jonchery, où il se réorganise et se repose.

 

Sur le 126ème de Brive je recommande vivement la visite du site :

http://www.126ri.com/

 

Sur les combats du Mont-Moret je recommande vivement la visite du site :

http://www.phmichel.freesurf.fr/

ou « Le Mont Moret pendant la Grande Guerre »

 

 

 

                                                                                                                 

                                                                                                                Ossuaire de « La Pompelle »

 

Léonard PEJOINE 138ème Régiment d’Infanterie Mort le 26 Septembre 1914 à SAINT LEONARD ( Marne )

 

Moins de deux mois de guerre…De longues marches harassantes de la Champagne à la Belgique et retour en Champagne… Plusieurs engagements sous le feu… et la fin d’une vie dans le secteur stratégique du Fort de la Pompelle, pivot de la défense de Reims…

 

Dans la nuit du 5 au 6 août 1914, les trois bataillons du 138ème complétés à l’effectif de guerre, s’embarquent à la gare du Dorat (87). Dans la journée du 7, le régiment débarque à Villers Daucourt (Marne).

Le 11 août 1914 la 23e Division ayant terminé sa concentration, commence son mouvement vers le nord-est, par une chaleur torride. Le 12e corps d'armée auquel elle appartient, fait partie de la 4e Armée ; le Régiment traverse L'Argonne…

Combat de PIN-IZEL ( 21 août 1914 )

Dans la soirée du 20 l’offensive générale est ordonnée. Le Régiment quitte Nepvant en tête de la Division dans la nuit du 20 au 21, à minuit et se dirige, par la Ferté-sur-Chiers et Margut sur Villiers-devant-Orval, où il franchit la frontière belge. Là, il reçoit l'ordre de pousser son gros sur la route de Pin-Izel jusqu’à environ trois kilomètres au-delà de L'Abbaye-d'Orval et de rester en position d'attente sur la route… Vers midi, le 21 Août 1914, l’ordre est, donné de se diriger sur Pin- Izel où le Régiment doit relever deux bataillons du 100ème R.I. On se met immédiatement en marche, les 1er et 2e bataillons doivent converger sur Pin, en partant des emplacements de leurs postes avancés. Au moment où la colonne débouche de la forêt, une violente fusillade se fait entendre, les deux bataillons du 100ème sont attaqués par des troupes ennemies venant de l’est. L’entrée en ligne du 138ème, appuyé par une batterie de 75 en position au débouché nord de la forêt, dégage les deux bataillons du 100ème qui se maintiennent sur leurs emplacements. Le mouvement de l'ennemi est enrayé, et vers 15H30, après un violent orage et une pluie diluvienne, le 1er bataillon est appelé à son tour à Pin pour donner l’assaut qui se déclenche victorieusement. L’ennemi recule, abandonnant ses blessés et ses morts.

Dans cette journée où le 138ème reçut le baptême du feu tous, officiers et soldats, firent preuve du plus grand courage. Le capitaine Thomas, de la 7ème Cie, tomba glorieusement un des premiers la tête de ses hommes. Le soldat Malheot, de la 10ème Cie, mortellement blessé en portant un ordre, refusa de se laisser emporter et demanda à ses camarades de l’abandonner pour courir à l’assaut. Plus de cent hommes, le soir, manquaient à l’appel.

Journée du 22 août

Le 22 août 1914, le 138ème se remet en marche dans la direction du nord précédé par le 107ème qui forme l’avant-garde de la Division. Arrivé au nord de Staitmont le Régiment est arrêté. Vers dix-sept heures, le mouvement en avant est repris, le 138ème derrière le 107ème qu’il doit appuyer. Quelques instants après, un violent bombardement ennemi oblige les éléments engagés à s’arrêter. Le capitaine Pintureau est tué, le sous-lieutenant Lassaigne blessé… Une de nos batteries est contrainte d’amener les avant-trains et des éléments d’infanterie commencent même à se replier. C’est alors que le lieutenant Carrere, porte-drapeau du 138ème, déploie le drapeau, et aux cris de « Au Drapeau ! En avant », provoque un assaut général de tous les éléments de la division qui se trouvent à portée. L’ennemi cesse son tir, et nos troupes reprennent leurs positions sur lesquelles elles bivouaquent (Nord de Menugoutte).

Le 23 août, la retraite est ordonnée. Le régiment repasse la frontière belge à Villiers ; le 24 août, il occupe le front sur les hauteurs sud de Puilly. Sous nos feux de 75 et de notre fusillade, l’ennemi subit de lourdes pertes et cherche en vain à déboucher des bois.

le 25, la retraite continue. Le Régiment se heurte à des fortes avant-gardes allemandes qu'il attaque sans hésitation. L'ennemi n'ose pousser plus loin; derrière nous, en hâte, les convois passent le Meuse.

Journée du 28 août ( Beaumont )

Le 28 août, près du mausolée de Beaumont, le 138ème va participer à la bataille engagée par la 4e armée contre les forces allemandes qui ont débouché sur la rive gauche de la Meuse. Le 1er bataillon mis à la disposition du 2ème C.A, s’engage dans l’après-midi et attaque les bois à huit cents mètres de la ferme de la Thibaudine. Le combat fait rage et se termine le soir par un brillant assaut : des morts allemands jonchent le terrain, des prisonniers restent entre nos mains. Le régiment bivouaque sur ses positions de la veille.

Les 29 et 30 août, la retraite continue par Brieulles, Quatre-Champs et Ballay.

Combat du Bois de Voncq ( 31 Août )

Le 31 août, vers cinq heures, le Régiment se met en marche avec ordre de se porter sur Neuville et Day pour interdire à l’ennemi le débouché du canal vers La Coques.

Au débouché des bois de Voncq, la fusillade éclate. Devant les attaques de l’ennemi, les bataillons engagés tiennent bon. Le Régiment est engagé en entier, il résiste tout le jour aux attaques violentes de l’ennemi sous une fusillade intense et un bombardement par obus de gros calibre. Les lieutenants Rousselet et Meynot, le sous-lieutenant Michelet sont tués, les capitaines Grand et Balbaud, les lieutenants Marvier et Pillieres blessés. Le soldat Bouyer Emile, blessé une première fois, refuse de quitter son poste de combat. Cloué au sol par une deuxième blessure, il continue malgré ses souffrances à encourager ses camarades. Au soir, le régiment qui a empêche toute progression de l'ennemi se replie par ordre et sans être inquiété d'abord sur le Plateau des Alleux, puis sur Terron-sur-Aisne où il bivouaque.

Journées des 2 et 3 Septembre ( Somme-Py )

Le 1er septembre, le régiment se dirige sur Challerange, d'où il repart à vingt heures pour Tahure par Cernay en Dormois, Rouvroy et Ripont. Il y arrive le 2 septembre vers quatre heures du matin après une marche des plus pénibles. A peine deux heures de repos et le Régiment se remet en marche, les 1er et 2ème bataillons sur Somme-Py, le 3ème sur la butte de Souain où la 23ème Division doit s’établir.

A neuf heures, un combat très sévère s’engage. Couverte, par de violentes rafales d’artillerie, l’infanterie allemande attaque résolument sur toute la ligne et le bataillon Dessigny éprouve des pertes sérieuses dans Somme-Py en flammes ; il tient bon cependant.

Vers midi, l’ordre lui en étant parvenu, il se retire sur la ferme Navarin. Le 2ème bataillon qui a perdu le commandant de Perdreauville, mortellement blessé, se replie à son tour sur la butte de Souain où il reforme ses unités.

Le soir, il est dirigé sur Suippes où l'ordre lui parvient de se rendre le 3 au matin à Châlons, pour la garde du Quartier Général de l'Armée.

Le 3 septembre à 0H30, l’ennemi déclenche une attaque sur nos positions de la ferme Navarin. Le bataillon Dessigny résiste pendant deux heures, puis se replie sur Suippes.

Le 3ème bataillon qui a passé la nuit à la butte de Souain, est attaqué dans la matinée du 3 Septembre 1914 par des forces supérieures. Il résiste magnifiquement et protège ainsi la retraite du Corps d'Armée. Il quitte sa position à la dernière extrémité et se dirige vers Somme-Suippes. Il venait de dépasser ce village, quand il fut soumis au feu violent, de l’artillerie d’une division de cavalerie allemande.

Dans ces deux journées, le Régiment a perdu plusieurs centaines d'hommes.

En voyant la longueur du chemin parcouru, en songeant aux fatigues imposées par les combats, les marches, la chaleur, l’absence de sommeil, le manque de ravitaillement, on peut se rendre compte de l’effort héroïque fourni par le 138ème. Mais la mission de protection qu’il avait reçue était remplie.

Le 6, le mouvement de retraite est arrêté, le Régiment reprend sa marche en avant et est dirigé sur Rosnay-l'Hôpital.

Le 7, marche sur Saint-Ouen et la côte 194 (deux mille mètres S.-O. d’Humboville). A seize heures, le Régiment est sur ses positions. L’ordre du jour du général Joffre est lu aux troupes ! La minute est solennelle. A dix-huit heures, ordre d’aller bivouaquer à Brèbant où l'on arrive à vingt-deux heures…

Le 8 septembre à 3h 30, le Régiment regagne son emplacement de la veille à la côte 191. Le 50ème est à droite vers la côte 171, le 63ème à gauche un peu en retrait. Le canon gronde; on attend le choc avec confiance. Il se produit à 12 h 30 et se traduit par une vive fusillade entre les éléments avancés.

La nuit met fin au combat, le Régiment bivouaque sur place.

Le 9, à six heures, le 138e se porte à l'attaque de Sompuis.

Dans les bois touffus, la marche est pénible et les clairières sont violemment bombardées par l’ennemi ; sous les couverts, de terribles combats singuliers s’engagent. Le sergent Bouillaud, en reconnaissance avec un homme, se trouve en face d’une patrouille ennemie de trois hommes, il en tue un et fait prisonnier les deux autres… A dix-huit heures le régiment se trouve encore à 2.000 mètres au sud de Sompuis. Le capitaine Pinsard est tué, le lieutenant Jadot et le sous-lieutenant Rea sont blessés, plus de cent hommes manquent.

Le Régiment reste en position pendant la nuit. Le 10, au matin, la lutte reprend et à 12h30, le 3e bataillon entre dans le village de Sompuis violemment bombardé par l'ennemi et encombré de blessés allemands.

Les Allemands reculent, couverts par des rafales violentes d’obus de gros calibre, et c’est seulement à dix-neuf heures que le Régiment peut déboucher du village et s'établir vers la voie ferrée. Le 11 septembre, c’est la victoire !

Pressant les arrière-gardes allemandes, le 138° passe à Coole et se dirige à travers champs sur Torgny-aux-Bœufs.

Le 17 septembre, le Régiment se dirige sur Perthe-les-Hurlus et bivouaque dans les bois du sud du village. Le 18, il est relevé et regagne Somme-Suippes.

Le 19, il est dans le « Camp de Châlons », à l’Arbre Chenu, en réserve de la 24ème Division qui attaque Saint-Hilaire-Ie-Grand. Il y reste le 20. Le 21, après un repos de trois heures sous les hangars de l’aviation, il repart pour Verzenay où il arrive le 22 Septembre 1914 à 3 h 45, après une marche extrêmement pénible. Il en repart à cinq heures pour Bezannes où il arrive vers la fin de l'après-midi. Il est en réserve et escompte un repos bien mérité.

Ce repos devait être court: dès le lendemain matin le régiment va participer, en effet, aux opérations de la 23ème D.I. aux abords de Reims.

Le 23, à neuf heures, le Régiment est alerté et à dix heures il se met en marche. A treize heures il reçoit l’ordre d'enlever le fort de la Pompelle et d’attaquer les positions ennemies vers la côte 118. Le Régiment ( moins le 3ème bataillon laissé à la disposition du commandant de brigade ) se met aussitôt en marche en colonne de route par Puisieux et Sillery, le 1er bataillon en tête. Après avoir dépassé la station de Sillery, ce bataillon se forme en colonne double ouverte face au nord. Le 2ème bataillon s’échelonne en arrière : deux compagnies à la voie ferrée, les deux autres de chaque côté de la route conduisant le la station au Petit Sillery. Mais le bombardement par obus de gros calibre est tel que ces deux dernières compagnies ne tardent pas à venir chercher un abri derrière le talus du chemin de fer. Les pertes sont déjà sérieuses, et de nombreux blessés affluent vers le Petit Sillery où se trouve le P.C. du lieutenant-colonel.

Le terrain sur lequel chemine le bataillon Dessigny est presque dépourvu d’abris; il est balayé par les balles et les obus et la progression est très lente. Il est d’ores et déjà certain qu’il sera impossible d’atteindre avant la nuit l’objectif éloigné assigné au Régiment. Cependant, les éléments de première ligne se sont sensiblement rapprochés de la grande route et d’Alger-Auberge. Il semble possible, à la faveur de la nuit tombante, de s’emparer par une attaque brusquée au fort de la Pompelle et de la ferme d Alger. L’ordre est envoyé au commandant Dessigny de prononcer cette attaque : deux compagnies du bataillon Clanche sont mises à sa disposition pour cette opération.

Le bataillon Dessigny marche sur son nouvel objectif et s’en rapproche grâce à l’obscurité. Cependant le bataillon de Lalande, laissé près de Puisieux à la disposition du commandant de la brigade, a reçu directement de ce dernier l’ordre d'attaquer Alger-Auberge. II se porte donc dans cette direction et ne tarde pas à rejoindre les éléments du bataillon Dessigny. Malgré la nuit on se reconnaît, et aux cris de « En avant ! A la baïonnette ! » l’attaque sur Alger-Auberge est déclenchée. Conduite avec une énergie furieuse, elle réussit pleinement. Peu après, les abords du fort de la Pompelle sont atteints et des éléments du 1er bataillon et la 5ème compagnie ( Cazamian ) en occupent les glacis. De part et d'autre de la route de Cambrai et des ruines fumantes d'Alger-Auberge, Français et Allemands se fusillent, les baïonnettes sont rouges et le champ de bataille encombré de blessés et de cadavres.

Le 24, au point du jour, le lieutenant Cazamian pénètre dans le fort de la Pompelle. Mais les Allemands prononcent une vigoureuse contre-attaque: nos troupes résistent et font des prodiges de valeur, le soldat Antoine Cuisinier tue à la baïonnette plusieurs soldats ennemis : le commandant de Lalande est mortellement atteint, le capitaine Clanche est tué. Les troupes à l’est du fort et aux abords d’Alger-Auberge sont contraintes de se replier jusqu’à la voie ferrée. A six heures, la contre-attaque est enrayée, le fort de la Pompelle nous reste. Mais l’ennemi le bombarde avec fureur, ainsi que le terrain occupé par nos troupes, les ponts et les passerelles sur le canal et sur la Vesle.

A treize heures, la 42ème D.I. vient relever le 138ème et le Régiment reçoit l’ordre d’occuper et de défendre le secteur Saint-Léonard, Fort de la Pompelle.

Il est encadré à gauche par le 63ème et à droite par un bataillon du 78ème. Tandis que la 42ème Division prononce une violente attaque vers Alger-Auberge et les hauteurs à l’est, le 138ème occupe ses nouveaux emplacements…

Le 25 septembre, pendant toute la matinée, grande activité des deux artilleries. A quinze heures, la 42ème D. I. prononce une attaque que le 138ème doit appuyer. La violence des feux ennemis fait échouer cette tentative.

Le 26 septembre, à 4 H 30, l’ennemi déclenche une attaque furieuse sur le front occupé par le 138ème et le 63ème. Elle est exécutée par des troupes fraîches et des divisions d’élite, ( garde ), qui ont pour but de s’emparer du passage du canal et de la Vesle.

Sous la violence de l’attaque, les éléments avancés du 63ème reculent, découvrant la gauche du 138ème et entraînant ainsi le repli de la compagnie du 3ème bataillon ( Marty ) qui, la veille, a été envoyée au nord du canal pour assurer avec le 63ème une liaison plus efficace.

A droite, le bataillon Dessigny et les restes du 2ème bataillon défendent, le terrain pied à pied.

L’instant est critique.

Un ordre transmis au commandant Dessigny, prescrit « qu’il est indispensable sous peine de provoquer un désastre, de résister sur place avec, la plus grande énergie... »

 Et nos soldats tiennent...

Que d'actes de bravoure et d’héroïque abnégation à citer !

Cependant notre flanc gauche est découvert : le commandant Dessigny y pare en formant un crochet défensif ; il réussit ainsi à enrayer les progrès de l'ennemi. Devant Saint-Léonard, l’ennemi après avoir refoulé les fractions du 63ème établies sur la voie ferrée, a pris pour objectif le pont sur le canal. Mais pour l’atteindre, il a à traverser un terrain découvert plat d’une profondeur de cinq à six cents mètres sous le feu des défenseurs de Saint-Léonard et du canal, savoir les débris de deux compagnies du 291ème établies aux abords immédiats du pont ; dans le village, la compagnie Mollie (11ème Cie du 138ème ) puis, plus à l'est, le long du canal, les éléments restants du 3ème bataillon. Une fusillade intense éclate de toutes parts : les sapeurs, les téléphonistes même du 138ème , font le coup de feu derrière les créneaux pratiqués dans le mur de la ferme où est installé le P.C. du lieutenant-colonel Lefevbre.

L’ennemi ne peut avancer qu’au prix de pertes terribles. Les fractions qui cherchent à progresser sont décimées par nos feux, de nombreux cadavres jonchent le sol. Bientôt, reconnaissant leur impuissance, les Allemands se replient au nord du chemin de fer.

Le 27 septembre, nous progressons à notre tour, et nous reprenons les positions que nous avions perdues la veille et sur lesquelles nous nous retranchons solidement…

Ainsi, non seulement l'ennemi a échoué dans ses attaques, mais il laisse entre nos mains plus de cent quatre-vingt prisonniers, qui le 26, avaient réussi à atteindre près du pont de Saint-Léonard la berge nord du canal où ils avaient trouvé un abri.

Dans les journées du 23 au 20 septembre, le Régiment avait perdu 14 officiers et 1 200 hommes.

Le commandant de Lalande, le capitaine Clanche, le capitaine Soubielle, les sous-lieutenants Babaud, Courmont, Janot, Pouzet, Cabournaud étaient tombés glorieusement à la tête de leurs vaillants soldats. Les pertes étaient terribles, mais la mission confiée au 138ème était intégralement remplie, son drapeau s’auréolait d'une gloire nouvelle.

La guerre de mouvements est provisoirement terminée.

La guerre de tranchées va commencer !

 

                             Sur les engagements du 138ème de Bellac et Magnac-Laval, je recommande vivement la visite du site :

                            http://138infanterie1418.ifrance.com/

 

 

François MAGNOUX 159ème Régiment d’Infanterie « disparu » le 22 Octobre 1914 à Saint Laurent Blangy ( Pas de Calais )

 

François Magnoux « disparaît » alors que le front se stabilise en Artois… Il est le premier d’une très longue liste de jeunes « conscrits » d’Estivaux qui perdront la vie dans le « Pas de Calais »…

 

Le 5 octobre, le général Barbot donne personnellement l'ordre de repli. Dans la brume, le régiment se replie entre 1 h et 4 h du matin et prend position entre la Scarpe et la route de Cambrai. Ce sera le dernier recul, on ne veut plus céder un seul pouce de terrain.

Les Allemands s'installent à Saint-Laurent le long de la voie ferrée, les Français à Blangy. Les deux côtés commencent à creuser des tranchées. La guerre de mouvements est terminée.

Séparées dans les tranchés de quelques mètres seulement, les troupes se livrent des combats mortels.

St. Laurent-Blangy est coupé en deux. Tilloy, Feuchy, Athies et Bailleul-Sire-Berthoult sont occupés par les Allemands, Blangy, Saint Nicolas et Roclincourt aux mains des Français. Les tranchées parallèles s'étalent en direction nord-sud, des boyaux de communication les relient. Côté allemand, Bailleul-Sire-Berthoult, Gavrelle, Fampoux et Roeux sont des villages de repos.

Les troupes se relaient : trois jours dans les tranchées de combat, trois jours dans les tranchées de réserve et deux jours de repos. La journée, les soldats ne se montrent guère afin de n'être pas pris pour cible. La nuit, ils creusent ou achèvent les tranchées, posent des fils barbelés, transportent des sacs de terre, fortifient leurs positions. Pour atteindre leurs postes de repos, ils passent par des boyaux de communication jusqu'à ce qu'ils soient hors de vue de l'ennemi. L'artillerie ennemie touche aussi les villages de repos, avec une intensité moindre toutefois que les endroits plus proches.

 

 

Louis Antoine Léon DEYZAC 144ème Régiment d’Infanterie « Suite de Blessure de Guerre » le 27 Octobre 1914 à MUNSTER ( Allemagne )

 

Blessé, fait prisonnier, Louis Deyzac ne reverra jamais la Corrèze et il mourra de l’autre côté : « chez le Boche » !…

Ci-dessous le parcours de son Régiment durant l’année 1914…

 

En 1914 le 144ème est en casernement à Bordeaux 

Il fait partie de la 70e Brigade d'infanterie, de la 35e Division d'infanterie et du 18e Corps d'Armée

Son parcours en 1914 est le suivant :

Vers Charleroi : Biercée (23 août)  

Les opérations de l'aile gauche (plan du 25 août): Guise (28-29 août) 

La Bataille de la Marne ( 5 au 13 septembre ) Villiers St Georges , Montceau les Provins

Reprise de l'offensive : Corbeny, Craonne, la Ville-aux-Bois,  Plateau de Vauclerc  (fin déc.)

 

 

Henri NUSSAC 7ème Régiment d’Infanterie entre le 29 Août et le 19 Novembre 1914 à Rancourt ( Ardennes )

 [ mention « Allemagne prisonnier » rayée ]

 

Le sort de Henri Nussac est incertain… Il restera pour toujours « disparu »… disparition quelque part entre les bords de la Meuse ou de la Marne ou encore en pleine Champagne crayeuse… Disparition entre le 29 Août et le 19 Novembre : l’espace calendaire est aussi vaste que l’espace géographique… Il marque mieux qu’un long commentaire le « flou » qui a pu régner durant la retraite sur la Marne, puis lors de la contre-attaque… L’hypothèse d’une détention en Allemagne a été abandonnée…La mention rayée sur sa fiche « officielle »…

Henri Nussac n’est jamais réapparu ni à Estivaux,ni à Perpezac le Noir dont il était natif, … ni ailleurs !

 

Le 7ème était en garnison en 1914 à Cahors

Au début des hostilités il sera engagé dan la Forêt de Luchy puis sur « La Meuse ».

Ce sera ensuite « La Marne ».

Puis la Champagne ( Les Hurlus ).

 

 

Henri PONCHARAL 3ème Régiment de Zouaves, 43ème Cie  « tué à l’ennemi » le 25 Novembre 1914 à TRACY le Val ( Oise ) °

 

On ne sait comment Henri Poncharal a été « tué à l’ennemi » mais on sait que « les tombes, qui chaque jour plus nombreuses, se creusent dans le cimetière des zouaves au Château de Tracy, disent éloquemment ce que cette monotone existence comportait d’héroïsme et de dangers (…) on ne sait qui l’on doit admirer davantage de l’humble et anonyme pionnier qui, chaque soir, au milieu de l’intense fusillade qui s’allumait à la nuit tombante, sortait de la tranchée pour placer des fils de fer devant les lignes ou de ces volontaires de la « chasse au boche »…

 

Avant la mobilisation générale du 2 Août 1914, le 3e Régiment de Zouaves comptait six Bataillons ainsi répartis : le 1er Bataillon à Constantine, le 3ème Bataillon à Philippeville, le 6ème Bataillon à Batna, les 2ème et 4ème au Maroc. Le 5ème Bataillon tenait garnison au camp de Sathonay, près de Lyon, où était également fixé le dépôt de France du régiment.

Prise du Drapeau du 85ème Bavarois

Couvert par le 11ème Bataillon, qui avait pris les avant-postes, 1er régiment goûtait le 18 Septembre 1914, à Tracy le Val et au Bois Saint-Mard, un peu de repos dont il avait le plus grand besoin après trois journées de marche et de combats.

Cependant, l’ennemi malgré qu’il eut manqué l’occasion d'anéantir la 37ème Division, avait remporté un succès dont il comprenait l’importance. Quatre-vingts kilomètres seulement le séparent de Paris, but dont il a été contraint de s’éloigner, mais qu’il n’a cessé de convoiter. Dans la nuit du 18 au 19 Septembre, il cherche à surprendre nos avant-postes. Les 43ème et 44ème Compagnies de grand-garde, sont habilement dissimulées dans les bois. Leur front est couvert par des treillages de fil de fer et leurs postes, bien retranchés, peuvent battre efficacement de leurs feux tous les chemins et allées de la forêt activement surveillées. Au premier indice de l’approche de l’ennemi, l’alarme est donnée sans bruit : les parapets sont garnis de leurs défenseurs. Les zouaves gardent leur sang-froid, laissent approcher les allemands et les clouent sur place par un feu meurtrier. Au petit jour, des patrouilles sont lancées en avant. L’une d’elles, conduite par un sergent, découvre sous un monceau de cadavres et de mourants un magnifique trophée : le Drapeau du 85ème Régiment d’Infanterie Bavaroise, que le zouave Laroche arrache des mains crispées de l’officier qui le retenait. Deux étendards pris à l'ennemi à San-Lorenzo avaient mérité au 3ème Zouaves la Croix de la Légion d’Honneur. Ce troisième drapeau capturé devait lui valoir une citation à l’ordre de l'Armée et lui conférait la place d’honneur parmi les plus illustres régiments…

Combats du Bois Saint-Mard et de Tracy-le-Val

Malheureusement, au delà de la droite de la Division, sur le plateau à l’Est du Bois Saint-Mard, les avant-postes français s’étaient laissés entamer et, en se repliant, avaient découvert son flanc droit. La nuit suivante, les allemands attaquent sur tout le front ; le Bois Saint-Mard est débordé ; les colonnes ennemies progressent par le ravin de Puisaleine, atteignent le Château de Tracy-le-Val, sur les derrière du régiment. Le Colonel Degot qui a pris, la veille, le commandement de la Brigade lance sur l’ennemi sa réserve disponible : deux compagnies de zouaves, conduites par le Lieutenant Chaix de Lavarene. Leur héroïque sacrifice permet de prolonger la résistance et donne au régiment le temps de se dégager. Le Bois Saint-Mard et la lisière Est d’ollencourt, ne sont d’ailleurs perdus que momentanément. Le soir même, le 3ème Zouaves, rassemblé sous les murs du parc d’Offemont, réoccupe Ollencourt et se dispose à réaliser, pendant les journées qui suivent, une nouvelle avance en direction du Bois Saint-Mard et de la route de Bailly à Nampcel.

Du 21 au 28 Septembre, le régiment, appuyé sur sa droite par le 3ème Tirailleurs progresse par bonds successifs en dépit d’une énergique résistance de l’ennemi.

Le Bois Saint-Mard, jonché de cadavres ennemis et malheureusement aussi des nôtres, est reconquis jusqu’à la crête militaire dominant le vallon des Rosettes ; les trois quarts de Tracy le Val sont à nous.

Le 30 Octobre, nouvelle avance. La 74ème Brigade rencontre dans son attaque du cimetière de Tracy, des résistances qu’elle ne peut vaincre. L’ennemi. solidement retranché derrière des fils de fer, flanqués de mitrailleuses, dispute le terrain pied à pied. Seul le Bataillon Charlet à droite réalise des progrès sensibles. Néanmoins les objectifs fixés sont loin d’être atteints.

Cependant, une nouvelle attaque est ordonnée pour le 12 Novembre. Nos pièces d’artillerie, réduites au silence par la disette de munitions dont souffrirent plus ou moins nos batteries sur l’ensemble du front à cette époque, ne purent nous prêter aucun appui.

C’est à la cisaille, ou au moyen d’explosifs portés à bout de perches, que les assaillants durent s’attaquer aux épais réseaux de fil de fer ennemis. Malgré ces difficultés presque insurmontables, la 74ème Brigade, conduite par le Colonel Degot, qui installe son P.C. à Tracy le Val, au milieu de ses zouaves, se porte à l’assaut à la pointe du jour. Tous les cisailleurs furent tués avant d’avoir pu accomplir leur tâche. Les explosions hâtives n’endommagèrent que très faiblement les défenses accessoires de l’ennemi. L’élan magnifique des zouaves et des tirailleurs fut brisé et le cimetière de Tracy le Val, transformé par l’ennemi en une véritable forteresse, ne pu, faute de moyens matériels, lui être enlevé. Néanmoins, quelques progrès avaient été réalisés des deux côtés et à l’intérieur du village de Tracy le Val. En un point de la route de Nampcel qui avait été atteinte, les tranchées adverses n’étaient séparées que par la largeur de la chaussée.

Alors une nouvelle vie commence qui exige du soldat un grand effort d’adaptation, une patience et une endurance poussées parfois jusqu’au stoïcisme. Immobilisé dans la tranchée, il lui faut se servir de son outil autant que de ses armes, guetter aux créneaux, subir avec impassibilité les intempéries, la boue et les bombardements les plus intenses. Nuit et jour, en veille aux parapets, on travaille à la réfection de tranchées et d’abris qui s’effondrent, minés par l’eau qui sourd de toutes parts ou que bouleversent les tirs de l’artillerie ennemie.

A bras d’hommes, d’énormes rondins, de lourdes planches, des centaines de rouleaux de fil de fer barbelé sont transportés aux premières lignes. L’abnégation et l’esprit de sacrifice des zouaves s’affirment de plus en plus. Une vraie camaraderie naît des souffrances subies et des dangers bravés en commun. Officiers et soldats, vêtus pareillement du même kaki grossier se sentent plus que jamais de la même famille. Une affection réciproque qui souvent inspire de touchants dévouements, renforce la discipline et prépare le régiment aux luttes qui vont suivre. Pour l’instant, on ne lui demande que des coups de mains ou des travaux de première et deuxième ligne.

Ces quelques mots suffisent à résumer l’histoire de la période qui s’étend de Novembre 1914 à juin 1915.

Cependant, les tombes, qui chaque jour plus nombreuses, se creusent dans le cimetière des zouaves au Château de Tracy, disent éloquemment ce que cette monotone existence comportait d’héroïsme et de dangers. Et on ne sait qui l’on doit admirer davantage de l’humble et anonyme pionnier qui, chaque soir, au milieu de l’intense fusillade qui s’allumait à la nuit tombante, sortait de la tranchée pour placer des fils de fer devant les lignes ou de ces volontaires de la « chasse au boche » qui, à l’exemple du sergent Raginel, se portaient à l’affût, dans les bois, pour abattre quelque patrouilleur ou quelque guetteur ennemi…

 

 

 

Jean BOURGES 21ème BCP  « Coup de feu reçu au combat » le 20 Decembre 1914 à NOULETTE ( PAS DE CALAIS ) °

 

Jean Bourges est un Chasseur…Les Bataillons de Chasseurs à Pied sont composés généralement d’hommes de petite taille, très vifs et excellents tireurs. Ces bataillons rapides agissent en tirailleurs à l’avant de l'infanterie, c’est à dire en profitant des accidents de terrain pour se poster et viser, à la différence de l’infanterie dite « de ligne » laquelle est employée en formation plus ou moins compacte jusqu’en 1914.

Jean Bourges est le deuxième enfant d’estivaux qui tombe dans le « Pas de Calais »

 

Le général Foch, qui commande le groupe provisoire du nord, arrive le 17 décembre, à 8 h 30, à Cambligneul, et prend en main la conduite des opérations. Craignant que la préparation d’artillerie ne soit insuffisante, il ordonne de n’entreprendre l’attaque du 33ème corps sur Carency que, lorsque l’attaque du 21ème corps sur Notre Dame de Lorette sera terminée. Quant à l’attaque du 10ème corps sur La Targette, elle sera reportée à une date ultérieure…

Au 21ème corps, l’attaque est lancée à 13 h 10, après une violente préparation d’artillerie.

Le 21ème bataillon de chasseurs, qui attaque dans le secteur de Noulette ( bois Boche ), s’empare, à 16 heures, des tranchées de première ligne ennemies sur presque tout son front d’attaque : à sa droite, le 20ème bataillon de chasseurs, après avoir été cloué au sol après un bond de cent mètres, parvient à prendre pied dans quelques éléments de tranchées; quant au 17ème bataillon, qui attaque sur la crête même de Notre dame de Lorette, il ne peut progresser.

La 92ème division territoriale n’a poussé en avant que quelques postes vers la fosse Calonne ; et, à la 58ème division, si la gauche ne peut guère gagner qu’une centaine de mètres, le centre progresse d’environ cinq cents mètres vers la fosse n°8.

Au 10ème corps d'armée, nous avons pu gagner du terrain à Saint-Laurent dont nous tenons la mairie et l’école; vers Blangy, progrès nuls.

La nuit interrompt nos attaques; mais l’ennemi réagit fortement et essaie, par de furieuses contre-attaques, de reprendre le terrain conquis. Prises sous nos feux d’infanterie et d’artillerie, ces contre-attaques échouent.

Dans la journée du 18, nous devions poursuivre notre offensive.

Au 21ème corps, un tir trop court de notre artillerie lourde et de nos batteries de 75, coïncidant malheureusement avec une réaction allemande, nous fait abandonner une partie des tranchées péniblement conquises, la veille, par les 17ème et 21ème bataillons de chasseurs. Ce n’est que dans la soirée que ces tranchées peuvent être reprises par le 109ème Régiment d’Infanterie.

Le 33ème corps, qui a lancé la 70ème division sur Carency, progresse d’abord assez rapidement, mais est bientôt arrêté par un feu violent. Le général de Maud’huy décide de reprendre cette attaque, après préparation d’artillerie, et de faire appuyer la 70ème division par les 23ème et 27ème bataillons de chasseurs alpins.

Au 10ème corps, nous avons organisé le terrain conquis à Saint-Laurent et résisté à toutes les contre-attaques ennemies.

Le 19, les attaques devaient être poursuivies en direction de Carency ; mais, après une entrevue du général Foch et du général Pétain, alors commandant du 33ème corps, il fut décidé qu’on attendrait que la préparation fût complète.

L’attaque fut reportée au 21 décembre.

Au 21ème et au 10ème corps, malgré la vaillance des troupes, les attaques ne peuvent progresser en raison de l’état du terrain.

En Artois, les tranchées sont à peu près constamment inondées ; il est presque impossible aux fantassins d’en sortir, malgré les gradins de franchissement.

Au-delà du parapet, les hommes enfoncent jusqu’aux genoux dans un vrai bourbier : il faut trois minutes pour avancer de cent mètres ; les tirailleurs ne peuvent faire de bonds ni se coucher ; les canons de 37 s’enlisent, les culasses des fusils, envahies par la boue, ne fonctionnent plus.

Nos pertes sont rapidement très lourdes, et il nous faut renoncer à continuer cette offensive.

Ce n’est que le 27 décembre que le 33ème corps peut s’élancer à nouveau. Bien préparée par l’artillerie lourde et exécutée par les 6ème, 11ème et 27ème bataillons de chasseurs à pied, flanqués, à gauche, d’un bataillon du 226ème régiment d’infanterie et, à droite, par les 51ème , 54ème et 60ème bataillons de chasseurs de réserve, entre Carency et La Targette.

L'attaque réussit bien sur les premières lignes ennemies.

Mais, à l'aube du 28 décembre, une furieuse contre-attaque allemande nous enlève tous nos gains et nous refoule à cent mètres en avant de nos tranchées de départ.

 

 

Pierre FAYAT 11ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » - Absent au 20 Decembre 1914 – à ? ?

 

Pierre Fayat est déclaré absent au 20 Décembre 1914… . Deux points d’interrogation sur sa fiche individuelle symbolise une disparition corps et biens, un évanouissement total…

 

Le 11ème était en garnison en août 1914 à Montauban

Au début de la guerre de 1914 il fut engagé sur les théâtres d’opérations suivants :

Forêt de Luchy

La Meuse

La Marne

Champagne

Le parcours de ce régiment durant les premiers mois de guerre est proche de celui du 7ème RI de Cahors…

 

Détail des premiers mois de guerre du 11ème  :

Extrait du « Journal de Marche et des Opérations » relevé par Brigitte Perigault

« pour François MEYZIE , soldat du 11eRI, originaire de St Yrieix la Perche ( Haute-Vienne ) Mort à Laval sur Tourbe le 26 septembre 1914 »

 

Départ de Montauban le 05 août 1914.

Effectifs :

54 officiers

186 sous-officiers

3108 caporaux et soldats ( 3 bataillons, 12 Compagnies )

Commandant du  11emeR I   :  Colonel Appert

07 août : Débarquement à Suippes

11 août : Jonchery sur Suippes

12 août : Le Régiment marche vers l’Est en une colonne isolée sur une ligne Cernay en Dormois – Bouconville- Autivy

13 août : La Division se porte en avant      Itinéraire à Grandpre-Beffu-Jerbel-Tenorgues

15 août : Repos

16 août : Le Régime se dirige vers le Nord     Buzancy – Bar- St Pierremond-Oches-Grandes Armoises

17 août : Pas de mouvement. Coopère à l’organisation défensive des hauteurs de la rive droite de la Meuse. Secteur au SE cote 345- ruisseau du four.Un centre de résistance sur les cotes 227. 260, Brivilly

 20 août :Vont occuper pendant la nuit les cantonnements de Sachy et de Messincourt. Doit franchir la « Chiers » à 21h.

22 août : Armée en mouvement offensif vers le Nord. Ordre est donné d’attaquer l’ennemi partout où on le trouvera. Pendant la marche un biplan allemand survolant Bertrix est abattu par la fusillade et échoue détruit à 200m au NE du carrefour 463, 2kms500 au Nord de Bertrix. Le régiment s’engage dans la forêt de Luchy. A 14h00 l’avant garde atteint la lisière de la forêt face à Orchamps. Elle reçoit des feux nourris d’infanterie et d’artillerie partant d’Ochamps.

23 août :  A 2h00 arrivée du 11eme RI à Cugnon ; au sud de la route Ochamps-Bertrix. Presque aussitôt le bataillon se trouve sous un feu nourri et violent  d’infanterie, venant de l’Est, sans qu’on put discerner la situation de l’ennemi, le bois était assez touffu et en taillis. La 10 Cie subit immédiatement de grandes pertes. Dans le courant de la lutte confuse qui se poursuit, la 12e CIE, et une fraction de la 10e CIE réunies furent à un moment donné débordées sur leurs flancs    par l’infanterie allemande qui progressait par essaims et en bonds. Replis vers le village de Bertrix-Herbeumont. Ordre est donné aux diverses troupes de se tenir prêtes à quitter le cantonnement à partir de 4h00. A 3h50 rassemblement des débris du 11e RI sur la place de l’église d’Herbeumont, effectif total du régiment 524 hommes.

24 août : Le régiment bivouaque à l’Est d’Amblimont

25 août : Position d’attente à l’Est de Mouzon.   A minuit ordre de retraite.

26 août : Bivouac Flaba rive gauche de la Meuse.

27 août : Déploiement à l’Est de Flaba dans le bois de Gerfaut. Bombardement , construction de tranchées en arrière du bois. Ordre de marche sur Raucourt. Bivouac.

28 août : Rassemblement à Jillers devant Raucourt vers 9h00 Ordre d’attaquer Raucourt. Raucourt occupé par la 2eme Cie . Vers 15h00 ordre de battre en retraite est donné. Mouvement rendu difficile à cause des feux très violents de mitrailleuses, d’artillerie, et d’infanterie qui balayent le plateau. Le Colonel Appert est blessé à la main. Evacuation.

29 août :Arche en retraite sur Les Alleux.

30 août : Bivouac près de Champilly

31 août : Construction de tranchées à Coegny, retraite sur Givry.

01 septembre : La brigade prend position sur le plateau de Mazagram. 

16h00 ordre de retraite sur Ste Marie à Py. Pendant la marche, l’arrière garde est attaquée par la cavalerie allemande.

02 septembre : Cantonnement à Cuperly

03 septembre : Cantonnement à Hesigneul sur Marne

04 septembre : Bivouac à Sompuis.

05 septembre : Cantonnement à Dampierre et Brétan.

06 septembre : Marche vers le Nord. A son arrivée vers 16h00 à la ferme des Naudres, le régiment reçoit l’ordre de défendre la cote 130.174

07 septembre : Même position. Bombardement violent.

08 septembre : De 5h00 à 7h00, une attaque dirigée sur notre front et notre gauche par le 107e Saxons est repoussée.

09 septembre :Le bombardement continue. Une attaque de nuit est décommandée .

10 septembre : Attaque par le 11eRI, 100e RI, 272eRI, 328eRI et 98e RI.  Aucune attaque ne débouche.

11 septembre : On constate que les Allemands sont partis dans la nuit. La poursuite est ordonnée. Direction la Cense au Bois, Maison Champagne. Le régiment fait des prisonniers, ramasse du matériel, des blessés ennemis. Après avoir fouillé Maison en Champagne, il reçoit l’ordre de s ‘emparer du pont sur la Marne à Soulange. Il y réussit sans grandes difficultés, mais obligé de se déployer sous les feux de l’artillerie.

12 septembre : La poursuite continue par Aulnay le Fresne. Bivouac.Les renforts ont rejoint le régiment à SOULANGE.

13 septembre : Marche sur Somme sur Tourbe et Laval sur Tourbe.

14 septembre : Ordre de marche sur Fontaine en Domois.

15 septembre : Ordre d’attaquer Maison en Champagne.

16 septembre : Le contact avec l’ennemi est conservé.

17 septembre : Sur la ligne par la cote 180, au ruisseau de l’étang à 1 km de Massiges.

Lutte d’artillerie violente pendant toute la journée.

15h10 : La 33e Division d’infanterie reçoit l’ordre d’attaquer. Objectif du 11e RI, la cote 143 et le ruisseau de l’étang. Les 1er et 2eme Bataillons se portent à l’attaque sous une pluie diluvienne et à la nuit tombante. Ils réussissent à progresser jusqu’à un peu au-delà d’un talweg 143 et s’emparent de tranchées allemandes, qu’ils occupent.

18 septembre : Le 11e RI est soumis à un feu violent d’artillerie pendant toute la journée. Le 11e RI ne peut plus progresser. A la tombée de la nuit, de nouvelles mitrailleuses allemandes les prennent en enfilades. Le 11e RI reçoit l’ordre de se rendre à Wargemoulin. Il sera remplacé par un régiment du corps colonial.

19 septembre : Les1er et 2eme Bataillons se rendent à Wargemoulin puis Laval sur Tourbe où ils cantonnent. Ils y sont rejoints par le 3eme bataillon dans la journée.

20 septembre : La matinée est employée à commencer la réorganisation du régiment.

A 14h00, le régiment va se former en position d’attente au Nord Ouest et près de Laval sur Tourbe. Une attaque est exécutée sur le front.

21 septembre : Rassemblement à 1km au sud de la cote 147, à la tombée de la nuit relève du 20e RI au Mesnil les Hurlus.

22 au 24 septembre : La bataille prend de plus en plus le caractère d’une guerre de siège

25 septembre : Après une préparation d’artillerie, le régiment colonial attaquera sur Maison en Chamapgne. Le 11e RI doit soutenir par ses feux, l’action du 9e Colonial et se tenir prêt à prendre part à une offensive générale. Dans la matinée un ordre prescrit de différer l’attaque. Elle est fixée à 18h15 et transformée en " coup de main de nuit ".A l’heure fixée, violente canonnade et fusillade. Les 2eme et 3eme bataillons exécutent des feus de salves sur la zone pour soutenir le 9e Colonial qui gagne peu de terrain.

26 septembre : Pendant la nuit du 25 au 26, les positions du 11e RI furent soumises à un feu violent et continu de l’artillerie allemande entre 3h30 et 4h 00 la canonnade cesse. Les hommes qui étaient dans les tranchées étaient transis et engourdis par la fraîcheur du matin, fatigués par une nuit de veille sous un bombardement qui avait causé quelques pertes. Beaucoup d’entres eux étaient des réservistes d’anciennes classes, incorporés depuis quelques jours. Le temps avait manqué aux unités fraîchement organisées, la cohésion nécessaire. Beaucoup de vide existait parmi les cadres.

4h30 une fusillade violente éclate sur le front

4h50 un agent de liaison rendait compte au commandant du 11eRI que l’ennemi attaquait en force, que la section de mitrailleuse de droite s’était repliée sans pouvoir amener ses pièces.

Un deuxième compte rendu suivait presque immédiatement annonçant que le 2e bataillon avait cédé, les tranchées étaient dépassées par l’ennemi. L’ennemi s’était avancé en nombre jusqu’à courte distance des tranchées puis s’était élancé en criant en Français " En avant, France, ne tirez pas ". Les hommes en 1ere ligne avaient eu à peine le temps de tirer deux ou trois cartouches, que l’ennemi était sur les tranchées, qu’ils dépassaient rapidement, jetant le désordre dans cette ligne. Peu de temps après un groupe d’une vingtaine d’Allemands apparaissait devant la 1ere Cie. Derrière ce groupe éclatait des shrapnells et les Allemands faisaient des signes désespérés pour se rendre. On constatait qu’une troupe de 5 à 6 Allemands dans une formation dense s’avançait et débordait complètement, la droite de la 2eme Cie. Grâce à l’énergie et au sang froid du sergent Beteille qui fit exécuter des feux nourris sur l’ennemi, la marche de celui-ci fut retardée suffisamment pour permettre aux autres éléments de poursuivre le repli.

Par suite de la continuation du mouvement débordant des Allemands ainsi que du manque de cohésion de la troupe, il fut nécessaire de faire ensuite un deuxième bond en arrière jusqu’à la voie romaine. Pendant ce deuxième bond le régiment subit des pertes très sensibles.

Reconstitué en sections légères, vers 17h00 le 11e RI exécuta une offensive. Il récupérait la position dominante du sud de le Mesnil.

Quant à la 8e Cie qui occupait la cote 189, elle avait été assaillie dès le point du jour par des forces considérables et menacée d’être tournée sur ses deux flancs.

Sous le commandement énergique du sous lieutenant Bonardi, elle tint pendant plusieurs heures, enrayant l’attaque, par ses feux et contribuant ainsi largement à permettre la reprise générale de l’offensive.

D’ailleurs, si la fatigue, le manque de sommeil, le manque d’instructions et de cohésion n’ont pas permis à certaines fractions de surmonter l’impression de surprise et d’enrayer l’attaque allemande dès le début comme elle aurait dû l’être, il y a bien toutefois d’ajouter que le 11eRI a fourni dans cette journée quelques beaux exemples de courage, d’accomplissement du devoir qu’il n’a malheureusement pas été possible de relever en totalité.

 

 

 

 

 

 

 

1915

 

 

                                                                                                                                        Vers : Le Monument aux morts d’Estivaux

 

 

Joseph DECOMBEIX 60ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 15 Janvier 1915 à Cuffies ( AISNE)

 

Joseph Decombeix tombe dans les combats du Soissonnais du début de l’année 1915…

Henri Barbusse, l’auteur du roman « Le Feu », qu’il dédie « A la mémoire des camarades tombés à côté de moi à Crouy et sur la côte 119  combat dans le même secteur….

 

On sait les traits généraux de cette tragédie mémorable

La vallée de l’Aisne à Soissons décrit un arc de cercle. Sur la rive droite un grand plateau domine le fleuve et il est creusé de trois profonds entonnoirs : l’un à Cuffy, l’autre à Crouy, le troisième à Chivres.

La vallée de Crouy est dominée à l’ouest par un éperon appelé cote 132, qu’une route à lacets, la route de Béthune, escalade de front. Au pied de la cote 132 passe la route de Maubeuge et le chemin de fer. Cette région remplie de grottes et de carrières était tenue solidement par l’ennemi : là en effet se trouvait la charnière des positions allemandes.

Dans les journées qui précédèrent le 12 Janvier, nos troupes avaient conquis un à un tous les lacets et avaient atteint une ferme. Restait à prendre la cote 132, au sommet du plateau et à droite.

On s’efforçait de l’attaquer par Crouy en traversant la voie du Chemin de fer et en grimpant la cote à l’abri des bois.

Plus tard on voulut l’attaquer à l’est mais les boches contre attaquent avec fureur. Nantis de forces imposantes, ils parviennent, la crue de l’Aisne aidant à rejeter nos troupes jusqu’à la rivière et il s’en fallut de bien peu que Soissons ne fut repris par eux.

Le 11 Janvier, les 2ème et 3ème Bataillons du 60ème RI, commandés par les chefs de bataillon Poupinel et Thibaulot, cantonnés dans les faubourgs de Soissons, reçoivent l’ordre de relever, sous la conduite du Lieutenant-Colonel Graux, le 231ème RI aux tranchées allemandes de la cote 132, conquise le jour précédent. Le 2ème bataillon s’installe en première ligne, le 3ème bataillon doit rester en en deuxième ligne. La relève faite par une nuit noire dans un terrain inconnu, bouleversé, transformé en marécages par les pluies des jours précédents, est tout à fait difficile.

 Elle ne se termine que le 12 à quatre heures du matin ; le colonel installe son Pc dans une grotte-abri, dite la grotte du Zouave.

A 7 h 30 une contre attaque boche se déclenche. Un violent bombardement, le plus violent peut être de toute la campagne, y prélude et sévit sur tout le front du 2ème bataillon. L’abri du Commandant Poupinel est écrasé par un obus.

Le Commandant transporte son poste au poste même du Colonel. Il n’y a plus de téléphone ni d’agents de liaison. Cependant les Compagnies tiennent bon et la 7ème repousse très facilement une petite attaque d’infanterie.

A 9 h le bombardement s’accroît et devient d’une violence inouïe.

Vers 10 h un obus de 210 mm tombe sur la grotte dont la voûte s’effondre ensevelissant sous les décombres, le colonel, l’officier adjoint, le medecin-chef, les commandants des 2ème et 3ème bataillons, toute la liaison du commandement. On entend distinctement la voix du Colonel qui crie « Vive la France ! » cependant que les témoins de la catastrophe se précipitent pour dégager d’officiers pris dans les décombres jusqu’à la ceinture.

Cet accident ne pouvait manquer d’avoir les plus graves conséquences, le régiment se trouvant privé de ses principaux chefs.

Le commandant Poupinel pris le commandement dans ces circonstances particulièrement difficiles.

Les allemands débouchent alors en deux colonnes. La 7ème et la 6ème Compagnie du 60ème RI sont attaquées par le flanc, la 5ème compagnie est prise de face et débordée.

Ces trois compagnie, ainsi que la 9ème, doivent se dégager à coups de baïonnettes et bientôt il ne reste plus du bataillon qu’un mince cordon sur le rebord sud de l’éperon 132.

Les Compagnies engagent un combat très dur, l’ordre étant de tenir coûte que coûte.

La situation devient très critique. La « Montagne Neuve » est menacée. Le Général de Maimbrey, de la 101ème Brigade, appelle à son aide tout le 60ème disponible.

Un combat très violent s’engage et l’on en vient presque au corps à corps.

La 12ème Compagnie brise la contre-attaque boche. Le Sous lieutenant Drogrey, séparé de sa compagnie avec quelques hommes, occupe une corne de bois abandonnée et repoussant l’ennemi à la baïonnette se maintient toute la journée sur sa position. Le Lieutenant Marjoulet est tué.

Jusqu’à la fin de la nuit le combat se poursuivra avec acharnement.

Le lendemain 13 Janvier, les allemands attaquent en masse par l’extremité de notre aile droite et s’emparent des villages qui sont au bas de la cote de Vrigny, Missy et Bucy le long. La situation est tout à fait critique : nous sommes débordés et la crue de l’Aisne artificiellement provoquée par l’ennemi à emporté les passerelles, il faut évacuer les hauteurs de la rive Droite. L’ordre en a été donné aux 2ème et 3ème bataillon et à tous les autres éléments en ligne sur le plateau de Crouy. Ce même ordre fut donné au 1er bataillon et au 44ème RI mais il ne parvint pas à destination, les estafettes ayant trouvé la mort en cours de route. Le Commandant du 1er Bataillon s’en va vers la gauche pour se rendre compte de ce qui se passe et il voit nettement des troupes ennemies défiler sous bois derrière nos positions. Il faut dès lors se replier.

Un groupe de la 2ème Compagnie est cerné au Château Saint Paul et s’y défend jusqu’à la dernière cartouche, sous les ordres du sous-lieutenant de Bordes qui, grièvement blessé, est fait prisonnier. Les autres éléments, conduits par le Capitaine Duffet et le sous lieutenant Ruty, après s’être ouvert le passage à la baionnette rejoignent la verrerie en rampant dans les fossés de la route de Soissons ;

A la nuit le Capitaine Duffet rentrait à Soissons, ramenant avec lui 1 officier, 2 ou 3 adjudants, et 188 hommes du 60ème et du 44ème.

Tel fut, autant qu’il est possible de le reconstituer à cause de son caractère cahotique, le combat de Soissons. Ce fut un échec pour les armes Françaises. Le 60ème a sauvé l’honneur de l’armée et a assuré la retraite par sa belle conduite.

Avec ce qui restait du Régiment on a pu faire cinq petites compagnies

 

 

Aimé POUCH 81ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 16 Mars 1915 au Fortin de Beausejour ( Meuse)

 

Aimé Pouch est tué dans les première offensives de Champagne de l’année 1915… Il y aura bien d’autres victimes dans ce secteur… Lors des offensives de Septembre 1915… et puis après, jusqu’à la percée décisive de l’automne 1918 !

 

                                                                                                 

 

A l'origine simple ferme, construite en 1820 le long du chemin reliant Minaucourt à Mesnil-les-Hurlus, Beauséjour constituait en 1914 un hameau dépendant de la commune de Minaucourt, que les habitants avaient dû évacuer le 2 septembre.

Pendant toute la guerre, ce hameau dominé par un fortin aménagé dès 1914 par les Allemands, fut l'objet de combats meurtriers

En 1915 à de furieux combats succède une période d’organisation ni moins pénible, ni beaucoup moins meurtrière. L’ennemi ne cesse de harceler nos travailleurs. Le travail de nuit, dans la craie gluante, est fatiguant, périlleux, celui de jour est mortel sinon impossible. De lointaines mitrailleuses, invisibles, prennent nos boyaux, nos saillants, nos postes d’ecoute en enflilade. Nuit et jour leur craquement monotone répand l’angoisse. Sur certains points, « au trapèze » par exemple, les adversaires s’affrontent à quelques mètres, l’un occupant la tranchée de doublement d’une tranchée conquise. Les « traverses » d’accés sont barrés par de simples « masques » en sacs à terre.On vit dans un perpétuel halètement. L’ennemi d’ailleurs n’est pas moins anxieux et ses inquiètes fusillades, à tout propos crépitantes, doublent notre propre inquiétude.

Le 19 Mars pendant un des courts repos accordés au régiment, pour souffler, une des tranchées conquises est perdue par nos successeurs. Précipitamment le 81ème est appelé pour rétablir la ligne. « l’opération » disent les ordres « aura le caractère d’une surprise exécutée autant que possible à l’arme blanche ».

Le 20 Mars l’action commence, le 22 des compagnies du 2ème bataillon s’emparent d’une importante portion de la tranchée perdue.

Pendant dix jours, pendant dix nuits, les bataillons du 81ème et du 96ème se succèdent et avec un acharnement sans second, s’obstinent à parachever leurs premiers avantages sur un antagoniste dont la résistance n’est pas moins tenace.

La butte du Mesnil qui devait résister même lors de la brillante attaque du 25 Septembre, ne sera pas enlevée et le commandement renonce à poursuivre d’aussi coûteuses actions offensives.

 

 

François CHOUFFIER 126ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 9 Avril 1915 à FAY en HAYE ( Meurthe et Moselle )

 

En Avril 1915, le 126ème de Brive est « en ligne » dans la région de la Woëvre qui constitue l’un des abcès de fixation de la ligne de front en 1915 !

François Chouffier est tué dans « l’attaque du 9 Avril »…

 

Dès le 7 Avril nous prenons part à la bataille. Le 1er Bataillon ( Cdt Dumery ) est désigné pour faire partier avec un bataillon du 107ème d’une deuxième vague d’assaut. A 17 Heures apres une courte préparation d’artillerie, quelques groupes de la première vague se portent en avant. C’est le signal du départ : la deuxième Compagnie ( Capitaine Fenoul ) bondit hors des tranchées, et en terrain découvert, sous un tir précis de l’infanterie ennemie, gagne la place d’armes que le 107ème croit-on vient de laisser libre. Mais elle n’y trouve pas de place, le 107ème n’ayant pu en déboucher. Il en résulte un tassement dans les boyaux et l’artillerie Allemande en profite. Le Commandant Dumery et plus de 50 hommes ont été blessés dans le bond en avant de la seconde Compagnie.

Dans la nuit, les batailllons de la première ligne du 107ème, épuisés, sont relevés par nos 2ème et 3ème bataillon ( Commandant de lagasnerie et Commandant Tabaste. Ces derniers vont exécuter le 9 Avril l’attaque qui a échoué le 7 Avril.

A 7 Heures 30, après un tir d’efficacité d’artillerie, nos troupes se portent en avant. Mais, dès le début de l’action, le 2ème est privé de son chef, le Commandant de lagasnerie tué d’une balle au front au moment où il disait à son téléphoniste blessé : « tu vas voir comment on entre dans ces tranchées ».

Au 3ème Bataillon, c’est la 12ème Compagnie ( Capitaine Revel ) qui part en avant, au 2ème Bataillon, ce sont les compagnies Vidallet et Boutonnet ( 6ème et 7ème ).

Le feu ennemi est tel dans la zone du 2ème Bataillon que les hommes se jettent dans les boyaux et y sont immobilisés. L’attaque est enrayé. Elle recommence à 9 Heures 45, après une nouvelle action d’artillerie.

La 4ème Compagnie, ( Lieutenant Maury ) est chargée d’enlever le 2ème Bataillon en l’entraînant dans son attaque. Mais son chef le Lieutenant Maury est grièvement blessé dès le début. Le Sous Lieutenant Crouzillac, avec quelques paroles énergiques, enlève la compagnie hésitante et la porte très brillamment en avant, pour traverser, dépasser et entrainer le 2ème Bataillon. Malheureusement le Lieutenant Crouzillac est blessé, le sous lieutenant Gobeau tué. La compagnie, privée de tous ses chefs, soumise à un feu meurtrier, hésite puis se jette dans les boyaux où se trouvaient déjà les éléments qu’elle devait entrainer.

L’attaque paraît immobilisée. Les troupes sont en mauvaise posture, mélangées, tassées dans les boyaux déjà encombrés de cadavres et sur lesquels l’artillerie et l’infanterie enemies tirent constamment. Et il pleut ou neige depuis plusieurs jours, presque sans arrêt. Les boyaux et les tranchées dans lesquels il faut vivre, sont pleins d’une eau épaisse, jaunatre et glaciale. L’argile gluante de la Woevre se colle aux vêtements qu’elle imprègne, bouche les canons de fusil, empêche les mécanismes de fonctionner. La nourriture manque : pour avoir un peu d’eau les corvées doivent faire plus de trois kilomètres sur une route battue.

Le Régiment est enfin relevé dans la nuit du 11 au 12 avril et gagne péniblement les cantonnements de Martincourt et de st jean.

Cent dix tués, dont le Cdt de Lasganerie, les Lieutenants Masgrangeas, Gobeaux, Maury, le Médecin aide-major Meynet, plus de trois cents blessés, disent la grandeur de l’effort accompli et la vaillance déployée par le 126ème RI dans les durs combats de Fey en Haye.

 

 

Henri PONCHARAL 126ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 21 Avril 1915 à REGNIEVILLE ( Meurthe et Moselle )

 

Si François Chouffier est tué dans « l’attaque du 9 Avril », son camarade du 126ème Henri Poncharal ne lui survit que quelques jours…et disparaît dans le même secteur de la Woëvre…

 

Guerre de Mines

Du 16 octobre 1914 au 23 mars 1915, le régiment occupe un secteur en avant de la Ferme des Marquises à l’est de Reims ,améliorant par un labeur constant les organisation défensives.

Le 29 mars 1915, le régiment embarque pour la Woëvre pour participer à la grande offensive d’avril dans la région de Martincourt, Regnéville au delà de la foret d’Apremont et les Eparges.

1915 la 1er bataille de la Woëvre

Du 6 avril au 12 avril, le 126è prend place dans le secteur de Regnéville dans les tranchées de Fey en Haye pour la bataille pour le bois le Prêtre dans la forêt d’Apremont qui se solde par un échec .Les attaques s’effectuent sous la pluie et neige fondu ,face à une artillerie et aux feu de l’infanterie ennemis ,les boyaux des tranchées encombrées de cadavres dans lesquels il faut vivre ,ils sont pleins d’eau épaisse ,jaunâtre et glaciale. L’argile gluante de la Woëvre se colle au vêtements et empêche les mécanismes des fusils de fonctionner .Les pertes sont nombreuses 5 officiers,110 soldats tués et 300 blessés.

Le 12 avril, le régiment est relevé, il est renvoyé à Régniéville au bout de quelques jours il tient le même secteur dans la tranchée de Fey en Haye.

Le 23 avril, le 326è relève le régiment.

Le 25 avril au 30 avril, Les Allemands ont attaqué le front qui s’étend sur la ligne cote aux Bœuf, Mouilly, Bois Haut, Tranchée de Calonne au sud-ouest des Eparges.

Le 25 avril, le 126è voyage en camions toute la nuit pour être transporté à Génicout sur Meuse.

Le 26 avril, le régiment reçoit l’ordre d’attaque à 13h45 son 1er objectif est la lisière sud du Bois haut ,2ème objectif la croupe à l’est du Bois cote 340,l’attaque se déclanche à 14h00 sous le bois,elle progresse par bonds successifs,dans des taillis épais ,sous une fusillade ininterrompue et aborde l’ennemi à la baionnette. Le Lt colonel Laporte reçoit 4 balle qui le blessent mortellement,4 autres officiers et 150 soldat sont tués ou blessés,l’avance de l’ennemi est arrêtée et il doit même céder un demi km en profondeur ;le front se stabilisera sur la ligne marquée dans le Bois Haut et la tranchée de Calonne par les mots du 126è,en moins d’un mois depuis que le régiment a quitté la ferme des Marquises,plus de 300 hommes sont tombés dans la boue de la Woëvre …….

Le 1er mai, le régiment est relevé et va se réorganiser à Somme dieu, après quelques jours, il retourne dans les tranchées de Mouilly.

Le 26 mai, le 126é quitte définitivement les Haut de Meuse pour des cantonnements dans la région de Toul, Gondreville et Lay St Remy.

 

 

Jean MAGNOUX 78ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 28 Avril 1915 à RAUCOURT ( Ardennes )

 

Compte tenu du secteur d’engagement du 78ème RI au printemps 1915, il est plus vraisemblable que Jean Magnoux ait trouvé la mort à Raucourt en Meurthe et Moselle qu’à Raucourt dans les Ardennes, comme indiqué sur sa fiche, qui fut le théâtre de violent combats en Août 14 mais non en Avril 1915…

 

Le 78ème est en garnison en août 1914 à Limoges

Son parcours condensé est le suivant :

1914 :

Champagne (Souain)

1915 :

Lorraine ( sud du saillant de Saint-Mihiel: Remenauville, Regniéville, Fey-en-Haye).

Artois (Farbus, Arleux-en-Gohelle, Villerval)

 

 

Pierre FAUCHER 159ème Régiment d’Infanterie  « Disparu » le 9 Mai 1915 au Bois de BERTHONVAL ( Pas de Calais )

 

Pierre Faucher tombe le 9 Mai 1915, jour de la grande offensive d’Artois… comme son camarade Jean Pierrefitte… Ils sont deux enfants d’Estivaux qui disparaissent le même jour dans le même secteur..

Dorgeles, l’auteur des « croix de bois » combattait dans le secteur à la même période…

 

Ce repos doit être utilisé à préparer le régiment à une opération offensive. Mais il est de courte durée, dès le 1er Mai un bataillon est envoyé aux tranchées pour y assurer la garde et y faire les travaux nécessaires à l’attaque prochaine. Le reste du Régiment quitte ses cantonnements le 5 Mai et se rapproche de la première ligne. Le 1er bataillon vient à Mont Saint Eloy, les 2ème et 3ème bataillon à Camblain-l’Abbé.

Enfin la date de l’attaque est fixée, ce sera le 9 Mai et les troupes doivent être en place à 7 heures.

A l’heure dite les bataillons sont en place. Le 1er sous les ordres du Commandant Compagnon, est en première ligne à droite ; le troisième, Commandant Roche à Gauche, et immédiatement derrière le 2ème, Commandant Lahutte, le 4ème bataillon est en réserve de division.

L’axe de Marche du régiment est le suivant : boyau 123, boqueteau 800 m sud-est du Cabaret Rouge et Givenchy. Ses objectifs : route de Béthune, front 119-123, Givenchy.

Après une préparation d’artillerie de 4 heures, l’attaque débouche magnifiquement. Ces soldats qui depuis de longs mois, terrés dans leurs trous boueux ont subi les morsures du froid, du vent, de la pluie, de la faim parfois, retrouvent d’un seul coup tout l’élan des premiers jours pour s’en aller debout, en terrain libre, les poitrines largement offertes, chercher la victoire dans les lignes ennemies au mépris des obus et des balles. Il n’y a pas pourtant d’électrisantes sonneries de drapeau, plus de drapeaux claquant au vent, mais il y a des chefs sublimes qui montrent la route, des « Alpins sans peur » qui savent ce qu’est le devoir. Les deux premières lignes de tranchées sont bientôt franchies. L’ennemi surpris n’a pas eu le temps de sortir de ses abris et ses pertes sont pour l’instant légères. A 10 heures 40, la route de Béthune est atteinte, puis le Cabaret Rouge, l’ouvrage 123. Mais l’ordre est de progresser sans répit dans la direction de l’objectif final en enlevant de haute lutte les obstacles successifs que l’ennemi peut opposer à cette attaque. En avant donc vers la cote 119.

Le front semble rompu, l’ennemi désorganisé. Mais l’artillerie dont la portée a été dépassée par la progression de l’infanterie est obligée de se déplacer, et, dans ce terrain bouleversé et coupé de tranchées, son mouvement est forcément très lent. L’infanterie ne peut se passer de son appui et doit en conséquence ralentir sa marche : ce répit permet à l’ennemi de se ressaisir. Ses batteries et ses mitrailleuses prennent d’enfilade notre ligne. La progression devient lente et difficile. Finalement, ordre est donné de s’arrêter et d’organiser les positions conquises sur le front : ravin sud de Souchez, chemin de Neuville Saint Vaast, Souchez, Route de Béthune. Des tentatives de contra attaque de la part de l’ennemi avortent sous nos feux de mitrailleuses et le terrain conquis reste solidement tenu. Le butin de la journée et de 600 prisonniers dont 20 officiers, des mitrailleuses, une batterie de 105 à 6 pièces, deux morties de 210 et un nombreux matériel de toute sorte…

Le 10 Mai ordre est donné de reprendre la marche en avant. Le contrordre suit de prés, mais il est trop tard. Le 3ème Bataillon a déjà commencé sa progression, et, à sa tête, le Commandant Boche tombe frappé d’une balle au cœur. L’ordre de s’arrêter lui parvient cependant. Il reste tout le jour sur le terrain qu’il a conquis et à la nuit rejoint son point de départ. Cette journée du 10 Mai fut une journée de deuil pour le 159ème et pour la division toute entière. Son chef le Général Barbot, le premier Colonel du 159ème pendant la guerre, tombait mortellement atteint d’un éclat d’obus. Ce n’est ni l’heure ni la place de faire l’éloge de ce brave des braves, de ce chef énergique et bon, de ce grand soldat simple et héroïque, contentons nous de rappeler au passage la perte cruelle que fit la 77ème DI et particulièrement le 159ème. Le Général Barbot , «  le soldat sans peur et sans reproche » a eu la mort qu’il méritait et que peut être il avait rêvé. Il est mort face à l’ennemi dans un jour de victoire. Son ancien régiment a conservé son souvenir comme celui d’un héros légendaire et l’a bien vengé.

Le 11 Mai, nouvelle tentative d’attaque, mais l’ennemi qui s’est réorganisé arrête bientôt la progression et les unités de première ligne refluent vers leur base de départ.

Les 12 et 13 Mai, la situation ne change pas.

Pendant ces quatre journées le Régiment a perdu 23 officiers tués ou blessés dont deux chefs de bataillon, et 1045 hommes dont de troupe dont 351 tués ou disparus.

Les jours suivants sont consacrés à l’organisation des nouvelles positions.

Le 24 Mai, le 159ème est relevé et va cantonner à Camblain-l’Abbé, d’où il repartira le lendemain pour aller à Tinquette, Guinstreville et La Neuville-Planquette.

Ce repos n’était pas de trop pour reprendre des forces et combler les vides.

Pendant ces journées le 159ème faisait partie du 33ème CA qui fut cité à l’ordre de l’Armé.

Pendant le repos, le Régiment change deux fois de cantonnements. Une fois pour venir à Frévillers, une autre fois pour s’installer à Caucourt. Les renforts sont arrivés, insuffisants pour que le Régiment retrouve un effectif complet, suffisants pourtant pour en refaire un régiment capable d’un nouvel effort. On va donc recommencer…

Dans la nuit du 6 au 7 Juin il vient occuper, avec deux bataillons en première ligne, le sous-secteur du Cabaret Rouge avec mission de préparer le terrain pour une action offensive. L’ennemi, mis en éveil aperçoit les nouvelles tranchées qui se creusent et les diverses modifications que subit la ligne. Il soumet alors le secteur du régiment à des tirs incessants d’artillerie qui causent des pertes sensibles. Cependant le travail se fait, en certains endroits on l’a recommencé vingt fois, vingt fois il a été détruit par l’ennemi ; on le reprend encore…

Du 10 au 14, le 159ème cantonne à Cambligneul, aux quatre vents, et à la ferme de la Vache. Il vient reprendre ses emplacements le 15. L’attaque est fixée au lendemain. Ses objectifs sont :

1/ les deux premières lignes qui font face à notre front compris entre le carrefour ouest et la corne nord ouest du bois des Ecouloirs à droite, et le saillant Sud Est du cimetière de Souchez à gauche,

2/ le front compris entre le carrefour ouest et la corne nord ouest du bois des Ecouloirs exclue,

3/ la corne sud ouest du bois de Givenchy et l’ouvrage de la déroute

Le 2ème Bataillon menant la marche, le 159ème débouche de ses tranchées à 12 Heures 15. Les première vagues sont à peine sorties des parallèles de départ qu’elles sont soumises à un violent tir de mitrailleuses et de fusils provenant de la tranchée D. Elles sont clouées sur place à trente mètres de cette tranchée, insuffisamment battue par le tir de notre artillerie. La compagnie de droite essaie de manœuvrer ; une conversion l’entraîne en dehors de l’axe du régiment et deux de ses sections viennent s’emparer d’une vingtaine de prisonniers dans la tranchée F. Les compagnies de gauche après des efforts désespérés parviennent à atteindre et même dépasser la tranchée C et une partie de la D. Le 4ème Bataillon qui est immédiatement derrière tente de se porter en soutien des éléments arrêtés au réseau de la tranchée D. Il subit des pertes considérables en traversant le barrage ennemi et ne réussit qu’à progresser de quelques mètres sans pouvoir aborder la tranchée. Le 3ème Bataillon viendra à son tour se briser contre cet obstacle. A 12 heures 30 le Colonel O’Diette qui commande le Régiment est tué dans la parallèle de Carency, le Commandant Charles le remplace. Le bombardement fait rage, les mitrailleuses tirent sans arrêt ; ce serait folie de vouloir pousser plus avant. A 15 h 30 l’attaque est arrêtée et on s’organise sur les positions conquises sous le feu de plus en plus violent des canons ennemis

Le 17 Juin 1915, le 159ème doit continuer sa mission. L’attaque fixée à 16 heures est retardée de 30 minutes mais le contre ordre ne touche pas à temps. La 14ème Compagnie a déja commencé son mouvement qu’elle est bien obligée d’arrêter devant

 

 

Jean PIERREFITTE 153ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 9 Mai 1915 à NEUVILLE SAINT VAAST ( Pas de Calais )

 

 

Blaise Cendras avec Dorgeles est l’un des grands témoins de l’offensive d’Artois…Voici ce qu’il peut en dire dans son ouvrage « La main coupée » :

 

Il y a exactement trente ans de cela. Oui, il y avait du nouveau. Mais ce n'était pas « l'offensive du printemps », ce grand tralala des états-majors qui n'avait pas abouti. Nous, une poignée d'hommes, nous avions bien percé, nous. ( Le 9 mai 1915, à 12h 1/4, mon escouade et moi, nous étions sur la crête de Vimy avec quelques braves types, 2-300 hommes en tout, égarés comme nous qui avions poussé de l'avant en sautant quatre lignes de tranchées allemandes sans tirer un coup de fusil, et le front était crevé ) ! Mais les états-majors qui avaient monté cette offensive et qui nous avaient fait coudre des carrés de drap blanc dans le dos pour que l'artillerie puisse suivre notre progression à la lunette ( on sait qu'au printemps les dépôts de projets de « mouvement perpétuel » et de « quadrature du cercle », à l'Office International des Patentes à Berne se font beaucoup plus nombreux que durant les autres saisons ), les états-majors, eux, ne croyaient pas à la fameuse percée et quand nous eûmes atteint la crête de Vimy ( que les Canadiens ne reprirent qu'en 1918 ) avec nos carrés blancs dans le dos nous fûmes une jolie cible pour nos 75 et, dès que nous bougions, pour les 77 et les gros noirs autrichiens qui nous amochaient, sans parler des Allemands que nous avions dépassés et qui nous visaient dans le dos avec d'autant plus d'aisance. A 3 heures de l'après-midi, le renfort ennemi arrivait en autobus de Lille et nous les tirions descendant de voiture, à 300 mètres. Le renfort français n'arriva que le lendemain soir, à 7 heures. Des pauvres vieux. De la territoriale. Ils avaient fait 75 kilomètres à pied. Enfin nous étions relevés, 72 hommes en tout. Mon escouade n'avait pas trop trinqué. Et le 11 juin, il avait fallu remettre ça, à Souchez et à Carency. A peu près dans les mêmes conditions de manque de jugeote et de manque de foi de la part des états-majors, d'incurie, de misère, de massacre, de tuerie pour nous, sauf qu'on ne parlait plus de percée, les Boches étant alertés. Il paraît que c'est Pétain qui avait monté ça. Pétain ou pas Pétain, c'est tout un.

 

Jean BRUNOT 156ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 17 Mai 1915 à La TARGETTE ( Pas de Calais )

 

Jeune Médecin, issu d’une « vieille famille » d’Estivaux, la disparition de Jean Brunot mettra un terme à la lignée et à la présence de cette famille dans la Commune…

L’offensive du 9 Mai 1915 a entrainé les semaines suivantes d’autres combats violents dans le secteur d’Artois…

 

« On discerne des fragments de lignes formées de ces points humains, qui, sorties des raies creuses, bougent sur la plaine à la face de l'horrible ciel déchaîné. On a peine à croire que chacune de ces taches minuscules est un être de chair frissonnante et fragile, infiniment désarmé dans l'espace, et qui est plein d'une pensée profonde, plein de longs souvenirs, et plein d'une foule d'images; on est ébloui par ce poudroiement d'hommes aussi petits que les étoiles du ciel. Pauvres semblables, pauvres inconnus, c'est votre tour de donner ! Une autre fois ce sera le nôtre. A nous demain, peut-être, de sentir les cieux éclater sur nos têtes ou la terre s'ouvrir sous nos pieds, d'être assaillis par l'armée prodigieuse des projectiles, et d'être balayés par des souffles d'ouragan cent mille fois plus forts que l'ouragan.

( in « Le Feu »  ( mai 1915 en Artois ) – Henri Barbusse )

 

nécropole de la Targette

 

 

Jean FAUCHER 57ème Bataillon de Chasseurs Alpin  « Suite de blessures de Guerre » le 17 Juin 1915 à BRUAY ( Pas de Calais )

 

Quatrième victime originaire d’Estivaux a disparaître dans l’offensive d’Artois de Mai-Juin 1915, Jean Faucher…

 

Le 14, le bataillon reçoit l’ordre de pousser vigoureusement l’attaque, mais les Allemands nous ont prévenus et, au débouché, les colonnes d’assaut sont accueillies par un feu d’artillerie formidable les enveloppant d’un torrent de feu et de fumée. Nos colonnes avancent malgré leurs pertes, les gradés tombent les uns après les autres et, au bout de peu de temps, les chasseurs, sans commandement ni direction, arrêtent leur mouvement et se terrent.

Des 31 officiers partis le 9 Mai, il ne reste plus que le Commandant et le Lieutenant Remy. Néanmoins, le lendemain 15 Mai, l’attaque à la grenade recommence pied à pied ; les troupiers du bataillon arrivent encore à chasser l’ennemi des 100 mètres qu’il occupait dans la sape 5.

Le bataillon qui avait perdu en ces dures journées les trois quarts de son effectif, est relevé.

Après l’echec de la grande offensive de Mai [ offensive d’Artois du 9 Mai 1915 ] le bataillon se reforma et se réorganisa afin d’être à même de fournir un nouvel effort. L’été se passa en escarmouches et en petites attaques, mais sans mettre en jeu des moyens aussi formidables qu’en Mai ; la plus meurtrière de ces attaques fut celle des 17 et 18 Juin 1915.

Le bataillon, installé au sommet de la crête de Lorette, devait, par surprise, dévaler les pentes Est et rejeter l’ennemi sur Souchez.

Les Allemands, ayant éventé notre attaque, firent fonctionner des projecteurs, et, au débouché, les unités se heurtèrent à un feu de mousqueterie et de mitrailleuses si violent que toute avance fut impossible.

Le lendemain à 16 heures, l’attaque fut reprise et quelques fractions, par leur héroïsme et leur ténacité, parvinrent jusqu’à la tranchée enemie, mais là, accablés par le nombre, elles furent détruites…

 

 

Louis LAVERSANNE 15ème Bataillon de Chasseurs  « Tué à l’ennemi » le 29 Juillet 1915 au SCHRATZMAENNELE ( Alsace )

 

Pour Louis Laversanne, la « ligne bleue des Vosges » n’est pas qu’un symbole…Ce sera son linceul !

 

Le 15ème Bataillon est en Garnison en 1914 à Remiremont.

En 1914 et 1915 il est engagé sur les théâtres suivants en Alsace :

Cernay, Aspach, Mulhouse, La Lauch, Steinbach, Uffolz, Sondernach, Hilsenfirst, Barrenkopf, Linge, Schratzmaennle, Hartmann, Rehfelsen, Reichacker

Le Schratzmaennele, fut le point central des attaques françaises, son altitude de 1048 m en faisait le point dominant du massif.

Malgré de nombreux assauts, les français ne parvinrent jamais à prendre son sommet de façon durable.

Ils s'accrochèrent à quelques mètres en dessous et se fortifièrent dans une situation très défavorable jusqu' a la fin de la guerre.

De nombreuses galeries souterraines furent creusées de part et d'autre. Elles sont aujourd'hui dangereuses car en voie d'effondrement pour la plupart. Vers le sud un sentier redescend vers un col appelé la courtine, et remonte aussitôt vers le Barrenkopf puis vers son prolongement appelé le Kleinkopf.

La courtine était à l'époque un vaste glacis sans arbres, ou lors des premières attaques de juillet - août 1915 les chasseurs alpins furent fauchés par les mitrailleuses du Schratz et du Barrenkopf…

 

 

Louis MEILHAC 126ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 25 Septembre 1915 à NEUVILLE SAINT VAAST ( Pas de Calais )

 

L’Etat-Major « remet » cela en Artois en Septembre 1915 !

Nouvelle victime dans ce secteur : Louis Meilhac qui tombe le même jour que Henri Pouyade…

 

Le front du régiment orienté sensiblement Nord-sud à une longueur de 700 mètres et s’appuie, à gauche, au cimetière de Neuville-Saint-Waast.

Devant nous, à une distance variant entre 80 et 100 mètres, la première ligne de tranchées ennemies ou tranchée du moulin avec la butte du Moulin rouge qui paraît être un observatoire ennemi ; en arrière la deuxième ligne ou tranchée du losange, plus loin la grande route d’Arras à Lille ; vers le nord, on aperçoit la crête de Vimy.

C’est dans cette zone que le régiment attaque le 25 Septembre, après avoir au cours de ses périodes d’occupation préparé le parallèle de départ, créé des places d’armes, ouvert de nombreux boyaux, creusé des abris.

Dans la nuit du 24 au 25 Septembre, après un repos de huit jours, le 126ème va prendre les emplacements fixés par le plan d’engagement. La première ligne est formée à droite par le 1er Bataillon ( Commandant Fautrat ) à gauche par le 2ème ( Commandant Bentata ). Le 3ème Bataillon ( Commandant Tabaste ) est en deuxième ligne, derrière le bataillon Bentata.

Le régiment est en liaison à gauche avec le 129ème Régiment ( IIIème Corps ), à droite avec le 300ème. Il est appuyé en arrière par six compagnie du 326ème qui forment la réserve de la 48ème Brigade et par toute la 47ème Brigade qui suivant les ordres donnés par le Général Meric, Commandant la Division, doit agir en deuxième ligne.

Les mouvements préparatoires s’effectuent dans de bonnes conditions et à 12 h 25 les deux bataillons de tête s’élancent sur les tranchées adverses.

Le bataillon fautrat marche droit sur son objectif : les compagnies Gracie (1ère) et Rivaud (4ème) enlèvent à la baïonnette dans un héroïque assaut les tranchées fortement défendue du Moulin, puis du Losange et poussent résolument vers les Tilleuls. Elles atteignent la grand’route d’Arras à 12 h 45 où elles s’arrêtent épuisées.

La progression du 2ème bataillon a été moins rapide. La compagnie de droite (8ème) ( capitaine de Latour ) franchit la tranchée du moulin et poursuit sa marche droit devant elle au lieu de se rabattre sur la gauche, de sorte qu’elle quitte son axe de marche.

La compagnie de gauche, au contraire, s’oriente trop à gauche et franchit la tranchée brune et le vert halo dans le secteur du 3ème corps. La direction divergente de ces deux colonnes laisse le champ libre au 3ème bataillon qui se trouve ainsi agir en première ligne.

A 12 h 50 deux groupements se sont formés près des tilleuls, composés des éléments de quatre compagnies du 1er Bataillon : ils sont commandés à droite par le Lieutenant Rivaud, à gauche par le Lieutenant Gracies.

A 13 h une contra attaque allemande débouche des tilleuls provoquant le recul de quelques paquets d’isolés qui n’ont pas encore rejoint les éléments de tête. Ce mouvement de recul se propage peu à peu, malgré les efforts des Lieutenants Gracies et Rivaud. Ces deux officiers réussissent à grouper autour d’eux quelques soldats énergiques avec lesquels ils disputent le terrain pied à pied à l’ennemi.

Les éléments avancés du 2ème bataillon privés de leurs officiers, tous blessés ou tués, sans liaison à gauche avec les troupes du IIIème Corps, se replient également dans la tranchée du vert-halo. Toutes les tentatives pour gagner la tranchée des cinq saules sont paralysées par le feu d’un centre de résistance ennemi qui n’a pas été enlevé en raison des divergences d’attaque du 2ème Bataillon.

Dans l’après midi du 25 Septembre et dans la journée du 26, des groupements du deuxième bataillon et la 10ème Compagnie effectuent une légère progression en liaison avec le 129ème Régiment d’Infanterie.

Une attaque de la 47ème Brigade, exécutée dans la soirée du 26, est brisée devant la tranchée des cinq saules par des tirs d’infanterie, de mitrailleuse et d’artillerie d’une extrême violence.

Dans l’ensemble, la ligne sur laquelle s’était arrêté le 126ème, le 25 Septembre, marque l’avance extrême réalisée par la 24ème Division d’Infanterie dans cette offensive.

Nos pertes sont lourdes. Le Lieutenant-Colonel Bessan a été tué le 25 Septembre, à treize heures sur le parapet de la tranchée conquise, le Commandant Bentata, le Capitaine Vidallet, les sous lieutenant Regerat, Touzac, Escaravage, Gouby, Philippe et deux cent soixante huit hommes sont également tombés au cours de l’action. Dix officiers, cinq cents hommes ont été blessés.

De nombreux cadavres d’ennemis, restés dans les tranchées conquises témoignent de la violence de la lutte. Il n’est pas possible de raconter ici tous les traits d’héroisme accomplis dans cette dure journée ; combien d’ailleurs resteront ignorés faute de témoins…

Dans un coin de la tranchée du Losange, à la droite de la zone d’engagement du 126ème, nos brancardiers relevèrent le soir du 25 Septembre, le corps ensanglanté d’un de nos soldats qui tenait encore dans ses mains crispées son fusil dont la baïonnette était enfoncée jusqu’à la croisière dans le corps d’un Allemand…

Quelques journées de détente après ces durs combats et le Régiment entre en secteur, devant Arras, au sud de Roclincourt, puis il glisse vers le nord…

 

 

Henri POUYADE 63ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 25 Septembre 1915 à ROCLINCOURT ( Pas de Calais )

 

Et de Deux ! Nouvelle victime dans ce secteur : Henri Pouyade tombe le même jour que Louis Meilhac … toujours le maudit « Pas de Calais », véritable « Enfer du Nord » !!!

 

Le 63ème RI est en garnison en août 1914 à Limoges.

Il est engagé sur les combats suivants :

1914:

Ardennes. Belgique.

Retraite ( Souain, Marson ).

Bataille de la Marne ( Sompuis ). Reims-Champagne  Le Belvédère, Berru, Saint-Léonard, ferme des Wacques, Saint-Hilaire-le-Grand, Auberive, Jonchery-sur-Suippes )

1915: Champagne (Jonchery).

Lorraine (Saillant de Saint-Mihiel: Fey-en-Haye, Regniéville-en-Haye, Flirey, bois de Mortmare).

Artois (Roclincourt, le Labyrinthe)

C’est la préparation de la grande offensive. Un rôle important est réservé au 63ème. Il attaquera en tête de la brigade, ses trois bataillons accolés, échelonnés en quatre vague de six pelotons chacune. L’objectif premier est la « Tranchée Paradis » dont la conquête permettra l’attaque ultérieure de la crête 132 et des bois de Farbus. L’attaque devra avoir .le caractère d’une « ruée » !

Le travail de notre artillerie dure huit jours. Il est formidable.

Le 25 Septembre à midi 25, toutes les vagues s’élancent dans un ordre parfait. A l’aile gauche ( 1er Bataillon ) les deux premières vagues gagnent la ligne ennemie ( « tranchée des punaises » ) devant laquelle tombe le Commandant Bonnal. Elles repartent, enlèvent la deuxième ( « tranchée des cafards » ) la dépassent et ne s’arrêtent que devant d’infranchissables réseaux demeurés invisibles. Les deux autres vagues nettoient les positions conquises et font des barrages. Mais aussitôt de tous les boyaux adjacents, les Allemands débouchent en masse et contre-attaquent à la grenade. Nos hommes, leurs munitions épuisées, résistent avec une énergie prodigieuse pendant deux heures. Tous les officiers sont frappés.

Au centre même lutte ardente. Le bataillon de droite est tombé sur un réseau à peine entamé. Le Commandant Baston est tué en tête de ses hommes. Quelques fractions franchissent néanmoins la première ligne et se battent jusqu’à épuisement.

Deux fois dans l’après midi on essaye de reprendre l’offensive. Tous les efforts se brisent contre une barrière de feu opposée par des forces supérieures et sans cesse alimentées.

Dans cette très dure journée, le Régiment a perdu 2 Chefs de Bataillon, 8 Commandants de Compagnie, 31 Chefs de Section, un millier d’hommes…

L’ennemi avait accumulé sur ce point, jugé sensible, la plus grande partie de ses forces engagées dans la région d’Arras, ce qui a permis de remporter, sur ce même front d’Artois, des succès marqués. La journée a été très glorieuse. Il faudrait un long chapitre pour conter les actes de bravoure accomplis le 25 Septembre.

 

 

Sur les engagements du 63ème RI de Limoges, je recommande vivement la visite du site :

http://www.faurillon.com/

 

 

 

Louis FARGES 54ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 26 Septembre 1915 à SOUAIN ( Marne )

 

Souain est l’un des hauts lieux de la vaine offensive de Champagne de 1915… L’une des – nombreuses - victimes est originaire d’Estivaux, c’est Louis Farges…

 

Fixée à la date du 25 septembre, cette offensive se déclencha entre la vallée de la Suippe et la lisière Ouest de la forêt d'Argonne, dans sers plaines nues et grises. Cette lutte de douze jours, porte dans l'histoire le nom de " Bataille de Champagne ". Elle évoque symboliquement un dessein, vite abandonné, de retour à la guerre de mouvement, et une libération relativement importante de terre française. Ce fut la première fois qu'on vit donner tant de valeur à la préparation d'artillerie, jamais non plus, on n'avait remué autant de terre pour procurer aux troupes d'assaut de propices emplacements de départ… Le 25 septembre, le jour paraît, gris et humide ; l'heure H est fixée à 9 heures 15…

Un commandement part : « En Avant ! Vive la France ! »  Sans hésitation, sur toute la largeur de l'immense front, les fantassins bondissent au-dessus des parallèles de départ et s'avancent en vagues simultanées et correctement alignées… Certaines organisations allemandes, comme la Main de Massiges et la butte du Mesnil, constituaient de véritables forteresses avec des abris blindés

 

 

Extrait du site Internet : http://www.chtimiste.com

 

 

 

Martin DUMONT 407ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 28 Septembre 1915 à NEUVILLE SAINT VAAST ( Pas de Calais )

 

Encore une victime dans le tragique secteur de Neuville Saint Vaast… Martin Dumont, tué à l’ennemi sous l’étendard d’un Régiment récemment constitué…

 

Le 407ème a été créé en Mars 1915, il a été engagé en Artois à l’automne 1915 en Septembre sur les secteurs de Neuville Saint Vaast, Vimy, Souchez

 

 

 

Emile BURGUET 50ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 30 Octobre 1915 à NEUVILLE SAINT VAAST ( Pas de Calais )

 

Encore une victime en Artois pour clore la longue liste des victimes de l’année 1915… Emile Burguet, « tué à l’ennemi » à Neuville Saint Vaast !

 

Apres quelques jours passés à Wanquetin, puis à Haute-Avesnes ( 3ème Bataillon ), Ecoivres ( 2ème Bataillon et Etat-Major ) et Neuville Saint Vaast ( 1er Bataillon ) pendant la préparation et l’exécution d’une nouvelle attaque ( 11 Octobre ) menée par le 108ème en liaison avec le 3ème Corps d’Armée sur le Bois de la Folie, le 50ème est en secteur, dans la nuit du 12 au 13 Octobre, au Nord-Est de Neuville Saint Vaast.

C’est là, avec quelques légères modifications de front, que le Régiment va passer l’hiver de 1915-1916, soutenant sans faiblir une terrible lutte, à la fois contre un ennemi agressif, qui, lorsqu’il n’osera plus tenter d’attaquer en terrain découvert, commencera la guerre des mines, et contre la boue.

Jusqu’à la fin Octobre, le commandement conserve des intentions offensives : on ne place point de fil de fer devant la première ligne, au contraire on fait des travaux d’avance.

Mais le 30 Octobre, à la pointe du jour, de grosses torpilles éclatent simultanément sur toute notre ligne de guetteurs qui, presque en même temps, est submergée par plusieurs vagues d’assaut très denses, pendant qu’un barrage intense est déclenché sur tout le secteur. Les Allemands sont rapidement arrêtés ; des contre-attaques incessantes pendant toute la journée et le lendemain nous rendent la plus grande partie du terrain perdu, d’ailleurs peu important. Mais dans ces deux jours de combat le 50ème a perdu près de cinq cents hommes.

La consigne est désormais d’organiser le secteur défensivement. Alternativement le 50ème et le 126ème y travaillent par périodes de huit jours. L’artillerie allemande est très active, les premières lignes souffrent des grenades à fusil et des « seaux à charbon », mais l’infanterie ennemie paraît avoir perdu toute intention agressive.

D’ailleurs, pour eux comme pour nous arrive un nouvel ennemi : la pluie qui, dans la terre extrêmement fine et grasse des vergers de Neuville, menace de destruction rapide toutes les organisations, cause l’éboulement des parois, transforme les tranchées et boyaux en lits de boue épaisse dans laquelle on s’enfonce jusqu’aux cuisses et où l’on risque de s’enliser. Au commencement de décembre la situation créée par la boue devient inquiétante. Malgré tous les renforts, le 10, la circulation est interrompue : les premières lignes sont menacées de manquer de ravitaillement ; il y a de nombreux pieds gelés. Sous l’impulsion énergique du Lieutenant-Colonel Payerne, le Régiment fait un effort presque surhumain et arrive à se dégager. Oh ! les pénibles journées !

Et, par surcroit, il y a des indices certains que les allemands ont crusé des mines sous la ligne des guetteurs ! Qui dira l’angoisse de vivre ainsi sur de véritables volcans, prêts à entrer en activité.

 

 

1916

 

                                                                                                                            Vers : Le Monument aux morts d’Estivaux

 

 

Jean DAUDE 339ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 19 Juin 1916 à AVOCOURT ( Meuse )

 

La bataille de Verdun a débuté le 21 Février 1916 … Le premier tué d’Estivaux de l’année 1916 tombe en Juin durant la formidable bataille…Il avait pour nom : Jean Daude…

 

Le 339ème RI était en garnison à Aurillac en 1914…

 

Le 1er Juin le 339ème est reconstitué à trois bataillons, le 13 juin il fait partie du groupement du Général de Bazelaire et il est en secteur au bois d’avocourt.

Le 22 juin les pertes au 4eme Bataillon sont grosses par bombardement : 17 tués, 46 blessés…

 

Brabant est occupé par la 37° Division marocaine dont nous allons faire partie avec le 2° Zouaves et le 3° Tirailleurs. Nous y remplaçons le 3° Zouaves, parti au front de Vaux. Très honorés, mais pas très rassurés. Pauvre 339° !

Séjour à Brabant du 6 au 10 juin. Le 9 juin, réunion dans l'église des officiers et sous-officiers du 339°. Le général Niessel commandant la 37e Division marocaine nous souhaite la bienvenue, et, craie en main, devant un tableau noir installé au milieu du choeur, nous présente le secteur que nous allons occuper. Et il a l'air de le connaître. Ce n'est pas étonnant. Nous aurons souvent, par la suite, l'occasion de le rencontrer, à toute heure de la nuit, dans les boyaux et tranchées de première ligne, les poches bourrées de paquets de cigarettes qu'il distribue aux poilus.Il se présente ensuite « aux hommes » sur lesquels il fait très forte impression.

« Regardez-moi, c'est moi, Niessel ! » leur dit-il.

Allures de dompteur, gros ascendant sur les troupes auxquelles il inspire confiance : c'est un chef. Nous abordons le secteur d'Avocourt par le ravin des Eventaux, formant une sorte de tranchée naturelle, boisée et non encore repérée, où nous sommes en réserve les 11 et 12 juin. Du 13 au 19 juin, en première ligne à Avocourt, tranchée des Rieux. Les boyaux sont pleins d'eau et l'on patauge dans la boue jusqu'à mi-jambes. Les tranchées s'éboulent par monceaux. Nous sommes entièrement recouverts de boue gluante. Cela nous rappelle les beaux jours de l'hiver 1914-1915. Et il pleut, il pleut sans discontinuer !

A part ça, le moral est bon : « Les troupes sont fraîches. » Et je suis, une fois de plus, convaincu que l'homme est le plus résistant des animaux. Le 19 juin, onze heures durant, de sept heures à dix-huit heures sans interruption, tir de destruction sur nos tranchées, continu, méthodique, très précis, avec des obus de gros calibres. Tranchées et boyaux sont comblés sur de grandes étendues : par endroits, on les chercherait vainement. Heureusement les abris ont tenu bon. Bilan pour la Compagnie de nos onze jours à Avocourt trois tués et neuf blessés »

 

 

Jean LASTEYRIE 67ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 23 Juin 1916 au BOIS FIRMIN / BOIS FUMIN ( Meuse )

 

Jean Lasteyrie est le deuxième tué, originaire d’Estivaux, qui perd la vie lors de la bataille de Verdun…

 

Chronologie de la bataille de Verdun :

22 juin 1916 : L’Armée Française repousse des attaques allemandes au Sud du Mort-Homme, et, dans la région de la côte 320, bois du Chapitre, Fumin et le Chénois, à l'Ouest et au Sud du fort de Vaux

23 Juin 1916 : Sur les deux rives de la Meuse, bombardement réciproque violent ; les régiments Français repoussent deux attaques sur la rive gauche, une au Mort-Homme, l'autre entre la côte 304 et le ruisseau de Béthincourt. Sur la rive droite, les troupes Françaises reprennent presque entièrement les éléments de tranchée perdus entre le bois Fumin et le Chénois

 

 

Pierre PONCHARAL 147ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 4 Septembre 1916 à BERNY en SANTERRE ( SOMME )

 

1916, c’est aussi l’offensive de la Somme qui constitue le « Verdun » des troupes Britanniques… Il reste que de nombreux Régiments Français ont également été engagés dans la Somme en 1916… Pierre Poncharal paiera cet engagement de sa vie !

 

Dans la somme, le régiment à l’honneur de prendre part au déclenchement des offensives victorieuses qui, morceau par morceau, arrachent notre terre sacrée aux mains de l’ennemi.

Du 1er au 11 Août, le régiment tient les tranchées situées au Nord Ouest de Dompierre et nouvellement conquise ; il est relevé dans la nuit du 11 Août et va se reposer à Proyart et aux environs.

Il remonte en ligne le 29 Août pour attaquer mais un violent orage rend le terrain impraticable, inonde les boyaux et cause de nombreux éboulements ; le secteur est dans un état lamentable.

Les troupes qui devaient attaquer, incapables d’aucun effort dans cet état sont relevées. Le 147ème retourne à Proyart.

Mais une semaine après le soleil a séché la boue et il devient urgent de décongestionner le front de Verdun où l’ennemi renouvelle constamment ses furieux assauts..

Le 4 septembre notre offensive se déclenche sur tout le front de la Somme et le régiment attaque Berny.

C’est le combat heureux, sous un soleil splendide, avec une préparation d’artillerie telle qu’elle enthousiasme les hommes et c’est sous cette impression qu’ils partent à l’assaut, à l’heure fixée avec un entrain et une confiance admirables.

A 13 heures le compagnies prennent leur dispositif de combat. Deux bataillons en première ligne ( 1er et 2ème ), le 3ème Bataillon en réserve.

A 14 heures l’attaque se déclenche.

Les premières lignes ennemies sont rapidement enlevées, mais les vagues d’assaut se heurtent bientôt aux mitrailleuses allemandes. Quoique prises de flanc, elles n’en poursuivent pas moins la progression. Sur certains points s’engage une vive lutte à l’arme blanche et à la grenade. Elle est de courte durée ; etonné, décimé l’ennemi finit par céder, recule et laisse entre nos mains de nombreux prisonniers.

Le 1er objectif est atteint. Quelques minutes d’arrêt, le temps de remettre un peu d’ordre dans les unités ; l’artillerie allonge son tir et les premières vagues repartent dans la trace de nos projectiles ; les 2ème et 3ème vagues suivent dans un ordre parfait.

A 15 heures toutes les positions ennemies sont enlevées et nos troupes organisent les tranchées conquises

Dans la nuit, du 4 au 5 septembre, l’ennemi bombarde violemment toutes nos positions et déclenche de nombreuses contre-attaques, mais toutes sont repoussées.

Malgré le bombardement incessant et une pluie torrentielle qui tombe sans répit les travaux sont poussés activement et les tranchées aménagées.

Dans la nuit, du 5 au 6 septembre, les batailllons de 1ère ligne qui ont subi des pertes sévères sont relevées. C’est là que le capitaine adjudant major Péronne trouve une mort glorieuse.

De nouveau le 6 Septembre à 15 heures le régiment s’élance vaillamment à l’attaque mais ce n’est plus comme l’avant veille la marche rapide dans la trace de nos obus. La pluie et le brouillard ont empêché le réglage et la préparation est insuffisante. Le 3ème bataillon mène un dur combat et progresse lentement et péniblement. Les vagues d’assaut atteignent cependant la première ligne allemande, l’enlèvent de haute lutte et font prisonnier ses défenseurs. Elles repartent aussitôt et atteignent enfin Berny après une lutte acharnée.

Vers 16 heures une contre-attaque paraît imminente. Des forces nombreuses ennemies dévalent les crêtes du nord de Fresnes et de Mazancourt ; aperçues à temps elles sont décimées par le feu de notre artillerie et de nos mitrailleuses , et leur tentative échoue.

Au cours de la nuit l’ennemi renouvelle ses efforts mais sans plus de succés. Le 7 Septembre le régiment est renouvelé.

Le régiment est cité au tire de l’Armée dans les termes suivants : « les 4 et 6 septembre 1916 sous la vigoureuse impulsion de son chef le Lieutenant Colonel Bourgeois, a enlevé brillamment les positions ennemies qu’il avait mission d’attaquer, progressant de près de deux kilomètres et faisant de nombreux prisonniers.

Superbe au feu, le 147ème a fait preuve au cours de ces journées d’une splendide bravoure et de qualités manœuvrières remarquables ».

 

 

 

Guillaume BERGER 55ème Régiment d’Infanterie  « Suite de blessures de Guerre » le 27/12/1916 à FONTAINE-ROUTHON ( Meuse )

 

On se bat encore à Verdun à Noël 1916… Guillaume Berger ne verra pas le Nouvel An 1917 !

 

Le beau succès remporté par le Régiment est toutefois chèrement payé. En résumé le combat sur tout le front du Régiment a été acharné. Grâce à l’énergie et au courage de tous les combattants, le 55ème a réussi à briser la résistance ennemi et à s’emparer des objectifs qui lui étaient assignés, prenant 4 mitrailleuses, 3 minenwerfer, faisant plus de 480 prisonniers dont plusieurs officiers.

Le 15 Décembre 1916 le 55ème a ajouté une page glorieuse à celles de son histoire dans le ravin de Saint-Martin notamment il a déployé un courage héroïque. Le 55ème RI, l’ancien régiment de Condé, est digne de recevoir pour perpétuer cet exploit, un nouveau nom celui de Régiment de Saint Martin.

16 Décembre – A 6 heures à signaler quelques feux de salve de part et d’autre, vers la gauche du secteur occupé par le Régiment. L’artillerie allemande, à peu près silencieuse dans la matinée, montre une certaine activité dans l’après-midi, prenant principalement comme objectif nos premières lignes et les anciennes tranchées ennemies. Cette activité s’accroît de feux de mousqueterie et de mitrailleuses, à l’ouest du secteur vers la liaison du 112ème RI avec le 3ème bataillon du 55ème. Le bombardement est tel qu’on peut s’attendre à une attaque. Le Commandant Felici fait connaître au Colonel Vignal que les pertes commencent à être sérieuses et demande un peloton de renfort qui lui est envoyé immédiatement ( Bataillon Roquigny ). Quelques minutes plus tard le Commandant Felici comprenant que l’attaque est imminente et voyant ses effectifs réduits dans une assez large proportion demande une nouvelle Compagnie pour le renforcer. Le 1er Bataillon envoie immédiatement la compagnie demandée.

A 15 h 20 il n’y a plus de doutes à avoir sur les projets de l’ennemi ; le chef de Bataillon Felici demande par optique un tir de barrage en avant de ses lignes ; le feu est immédiatement déclanché.

A 16 h 20 les allemands sortes de la Tranchée Mannesman, marchent à l’attaque de nos nouvelles positions. Ils sont arrêtés après avoir fait quelques mètres seulement, par le tir serré de nos batteries et de nos mitrailleuses. Ils refluent vers leurs tranchées.

A 16 h 25 ils essaient à nouveau d’aborder nos lignes ; leur mouvement manque d’impétuosité ; leurs rangs sont fauchés, et ceux d’entre eux qui restent debout ne tardent pas à reculer.

A 16 H 40 le calme renaît et la canonnade cesse peu à peu.

Une fois de plus, officiers et hommes de troupe du 55ème se sont montrés dignes de la mission qui leur avait été confiée. Entourés de cadavres de toutes parts, ils se sont défendus héroïquement ; ils n’ont pas perdu un pouce de terrain enlevé la veille de haute lutte et leur noble bravoure n’a pas un seul instant chancelé, malgré les pertes sévères qui leurs ont été infligées.

Pendant les jours qui suivent l’infanterie adverse travaille à la mise en état de sa nouvelle ligne et tire peu. Nos fantassins, au contraire exécutent par intervalles de violents feux de mousqueterie pour gêner les travailleurs Allemands.

Le Régiment reste en secteur jusqu’au 22.

 

 

1917

 

 

 

                                                                                                                                     Vers : Le Monument aux morts d’Estivaux

 

 

 

Jean CESSAC 16ème Régiment d’Infanterie  « Suite de blessures de Guerre » le 4 Avril 1917 à HARNY ( Aisne )

 

Il est difficile de situer la période à laquelle Jean Cessac a subi les blessures de Guerre qui l’emporteront le 4 Avril 1917 !

Une chose est certaine, son décès se situe une douzaine de jours avant la grande offensive du 16 Avril 1917 sur le Chemin des Dames, dans l’Aisne…

 

 

 

Saturnin CHAPUGIER 162ème Régiment d’Infanterie  « Suite de blessures de Guerre » le 9 Avril 1917 à ESTREES ST DENIS ( Oise )

 

Il est difficile de situer la période à laquelle Saturnin Chapugier a subi les blessures de Guerre qui l’emporteront le 9 Avril 1917 !

Une chose est certaine, son décès se situe une semaine avant la grande offensive du 16 Avril 1917 sur le Chemin des Dames, dans l’Aisne…

Les derniers grands combats dans lesquels le 162ème avait été engagé avant le décès de Saturnin se situent fin septembre dans la Somme… ce qui serait compatible avec le rapatriement du blessé sur l’Oise à Estrées où il décèdera…

 

Offensive de la Somme

Le 25 Septembre c’est l’encerclement de Combles. Le régiment ( Colonel de Matharel ) se lance à l’assaut derrière le 151ème RI qui forme la première vague et attaque le village de Rancourt. Une compagnie de notre 1er bataillon contribue puissamment à l’enlèvement du village en faisant tomber un centre de résistance très important ( tranchée Jostow ) où elle capture plus de 120 prisonniers.

Puis le 26, les 162ème part en tête à l’attaque des tranchées des « portes de fer », formidable position défendue par des troupes dont des contacts partiels ont révélé l’énergie farouche et la volonté de tenir coûte que coûte.

Le 27, l’attaque reprend. Les fatigues de la veille n’ont en rien diminué l’enthousiasme des hommes et le Colonel de Matharel sur la tranchée de départ peut s’entendre dire par des poilus qui le saluent au départ : « Cette fois on les aura mon Colonel ! ». De fait on les a presque partout. A gauche le deuxième bataillon pénètre dans la tranchée… Seule l’extrême droite est encore arrêtée par de terribles feux de mitrailleuses auxquels il faut presque uniquement attribuer nos lourdes pertes de ces deux journées.

La bataille de la Somme fut l’occasion de la première citation à l’ordre de l’armée du 162ème RI

 

 

 

Joseph HEBRARD 154ème Régiment d’Infanterie  « Suite de blessures de Guerre » le 10 Mai 1917 à FAUX FRESNAY ( Marne )

 

Joseph Hébrard décède lui aussi de blessures de guerre… Ont-elles été contractées lors de l’offensive du 16 Avril 1917 sur le chemin des Dames et la Marne ?

Le 154ème avait été alors engagé dans l’Aisne le 16 Avril, au « Camp de César », à la limite de la Marne…

 

Dans la nuit du 15 au 16 avril, en prévision d'une avance importante, on massa des régiments de cavalerie à la lisière des bois de Gernicourt. La 1e Armée se tenait prête à venir exploiter le succès et à s'intercaler entre les 5e et 6e Armées. Des tanks, péniblement amenés sur les bords de l'Aisne, partirent à l'assaut au signal de l'attaque. Ils s'élancèrent dans la plaine qui relie l'Aisne à la Miette, en même temps que nos soldats sortaient des tranchées et marchaient sur les positions ennemies. Depuis cinq jours, l'artillerie crachait sans arrêt, démolissant les réseaux de barbelés, s'efforçant de détruire les « stollen » et casemates cimentées des Allemands. On sait ce qu'il advint de la douzaine de petits tanks qui, sur ce point, arrivèrent aux bords de la Miette. Les deux tiers furent détruits par l'ennemi, prirent feu, et leurs servants furent brûlés vifs. Les trois ou quatre qui échappèrent à ce massacre ne purent accomplir oeuvre utile. Cependant, du Choléra à Berry-au-Bac, les admirables soldats du 32e Corps d'Armée triomphaient. Dès 8 heures du matin, les trois premières lignes de « stollen » étaient en notre pouvoir. A 10 heures, l'avance réalisée était, dans cette partie, de plus de 3 kilomètres. Et pourtant la température ne nous était pas favorable. Il tombait une pluie fine, le sol était marécageux et collant. Il faut dire que nos obus avaient tait à assez larges brèches dans les réseaux de fils de fer boches. La progression s'effectua rapide et nos soldats ne rencontrèrent pas grande résistance. La 69e division (151e, 162e et 267e régiments d'infanterie) s'empara des fortifications de la ferme du Choléra et atteignit la Miette dont elle longea le cours jusqu'à la ferme Mauchamp, où elle fit sa jonction avec la 165e division (154e, 155e et 287e régiments d'infanterie), partie des tranchées de l'Autobus. Toutes deux, alors, progressèrent jusqu'au bois, au sud de Juvincourt, qui renfermait d'abondants nids de mitrailleuses. Là, les combats furent particulièrement meurtriers et nos troupes furent arrêtées dans leur marche en avant. Mais elles purent continuer leur avance à l'est et aborder le bois Claque-Dents, au sud de Prouvais. Hélas !.. aussi les mitrailleuses arrêtèrent leur élan. En même temps, la 42e division réalisait une belle avance. Le 94e régiment d'infanterie marcha aisément, mais les chasseurs (8e et 16e bataillons) ne purent aller aussi vite, et il y eut bientôt un écart de 700 à 800 mètres entre les fantassins et les chasseurs. A 10 heures du matin, des feux de mitrailleuses croisés enrayèrent la marche du 94e régiment d'infanterie. L'artillerie (61e régiment d’artillerie) fut sollicitée de réduire au silence ces mitrailleuses. Mais l'artillerie répondit qu'elle n'avait plus assez de munitions et qu'elle réservait les quelques obus qui lui restaient en cas de contre-attaque. Pour maintenir sa liaison, le 94e rebroussa chemin d'environ 1200 mètres. Cependant, on avait atteint le Camp de César sur lequel des 280, tirés du bois des Geais, poursuivaient la destruction des fortifications allemandes. Quelques hommes atteignirent, affirme-t-on, les lisières de Condé-sur-Suippe, mais aucun d'eux n'en est revenu. A droite, entre l'Aisne et le canal, nos poilus avaient atteint le sommet de la cote 108, mais ils ne purent le dépasser, car l'ennemi avait là des sapes formidables de plusieurs centaines de mètres, puissamment organisées, et riches en mitrailleuses qui tiraient par des meurtrières et semaient la mort dans nos rangs. Plus au sud, sur Sapigneul, la 40e division d'infanterie (150e, 161e et 251e régiments d'infanterie), se fit tuer sans pouvoir progresser. Cependant, les admirables fantassins de cette division bousculèrent les deux premières lignes allemandes, malgré des pertes énormes. Mais, rapidement décimée et désorganisée par la mort de la plupart des officiers, la 40e division ne put résister à une violente contre attaque, et il lui fallut regagner les tranchées de départ. Il est heureux que les boches n'aient pas poursuivi leur offensive sur ce point, car personne ne résistait plus, et nous aurions été, sans contredit, bousculés de l'autre côté du canal. Nos pertes étaient grandes, et le résultat mince. Cependant nous n'eûmes pas le chiffre de pertes qui fut mis en circulation â cette époque et entraîna l'arrêt de l'offensive a la suite d'incidents parlementaires que l'on connaît. Durant les jours qui suivirent, il n'y eut pas de changements appréciables dans le secteur. Nous subîmes de furieuses contre-attaques que la valeur de nos troupes réussit à arrêter. Nous essayâmes de progresser à la grenade, notamment dans la région de la cote 108 (147e RI) A plus de huit reprises, nous réussîmes à avancer de quelques centaines de mètres, au prix de pertes élevées. Chaque fois, les Allemands nous firent revenir sur nos positions. La grosse contre-attaque boche, qui suivit l'offensive du 16 avril, se déroula le 18 avril et eut pour théâtre principal le bois situé au sud de Juvincourt, dans lequel l'ennemi était formidablement retranché et dont nous tenions les lisières. Grâce â une puissante intervention de nos 75, qui couchèrent les vagues ennemies lorsqu'elles débouchèrent des taillis, et grâce à nos mitrailleuses, cette contre-attaque fut brisée.

Extrait du site Internet : http://www.chtimiste.com

 

 

 

Henri VIALLE 201ème Régiment d’Infanterie  « Suite de blessures de Guerre » le 12 Mai 1917 à PARIS ( Seine )

 

 

Incertitude également sur les circonstances de la blessure de Henri Vialle… Moins d’un mois avant son décès le 201ème était engagé dans l’offensive d’Avril 1917…

Entré le 5 février 1917 dans le secteur de l'Aisne, le 33ème, dans la nuit du 8 au 9 avril, est relevé par la 2ème D.I. et va cantonner aux carrières de Romain. Le 15 avril, à la tombée de la nuit, le régiment, alors au bivouac aux environs de M, se porte à son emplacement de combat, à 400 mètres au sud-ouest du château de Blanc-Sablons. Le 16, à six heures, il gagne le second emplacement prévu, au nord de Craonnelle. Dans la matinée du I7, le bataillon Corbeil est mis à la disposition du colonel Mougin, du 201ème R.I. qui lui prescrit de se porter à la tranchée du Balcon. Le sous-lieutenant Montaufier gagne avec sa section l'entrée du boyau Stauffen et aussitôt attaque à la grenade la tranchée du Balcon. Son action très énergiquement menée fait reculer les Allemands et facilite la marche du bataillon. Ce même officier « nettoie » la tranchée du Balcon jusqu'à proximité du saillant du Jutland, tue un grand nombre d'Allemands et fait 80 prisonniers ; mais, contre-attaqué violemment de trois côtés (notamment par des Allemands débouchant d'un tunnel faisant communiquer la tranchée du Balcon avec la tranchée des Sapinières ), son approvisionnement de grenades épuisé, il est obligé de se replier, mais ne cède le terrain que pied à pied. Renforcé par des sections de son bataillon, le sous-lieutenant Montaufier reprend aussitôt l'offensive et se rend maître de toute la tranchée du Balcon à l’exception du fortin 3415. Le régiment relève, dans la nuit du 17 au 18, le 201ème R.I. entre le boyau Stauffen et le point 3415. Le bataillon Corbeil reste en place. Le bataillon Charrière a relevé la droite du 201ème R.I. à l'exception de la compagnie Fournier (11ème ) qui vient relever des éléments du 201ème R.I., à l’ouest du boyau Stauffen.

 

Jean ANDRE 12ème Bataillon de Chasseurs à Pied  « Tué à l’ennemi » le 9 Juillet 1917 au Chemin des Dames ( Aisne )

 

Aucune ambiguïté sur le lieu de la mort de Jean André… Le « Chemin des Dames » en Juillet 1917… Comme dans la « Chanson de Craonne », « les p’tits chasseurs vont chercher leurs tombes » !

 

« Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,

Pourtant on a l’espérance

Que ce soir viendra la r’lève

Que nous attendons sans trêve.

Soudain, dans la nuit et dans le silence,

On voit quelqu’un qui s’avance,

C’est un officier de chasseurs à pied,

Qui vient pour nous remplacer.

Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes…

 

Adieu la vie, adieu l’amour,

Adieu toutes les femmes.

C’est bien fini, c’est pour toujours,

De cette guerre infâme.

C’est à Craonne, sur le plateau,

Qu’on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés,

C'est nous les sacrifiés »

 

 

 

Pierre LAVERSANNE 78ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 3 Septembre 1917 à la Ferme de Navarin ( Marne )

 

Pierre Laversanne tombe en Champagne, non loin de Souain, à la Ferme de Navarin…!

 

Le 78ème est engagé en Champagne en 1917, dans le secteur de Souain depuis Janvier 1917 jusqu’au 3 Octobre 1917…

 

 

L’ossuaire de la « Ferme de Navarin »

 

 

Pierre CHATRAS 211ème Régiment d’Infanterie  « Maladie contractée en Captivité » le 29 Septembre 1917 à HEILBRONN ( Allemagne )

 

Pierre Chatras était prisonniers au camp d’Heilbronn. Les prisonniers de ce camp furent employés à la réalisation de travaux miniers…

Il est difficile de savoir dans quelles circonstances  et à quelle période Pierre Chatras fut capturé…

 

 

 

1918

 

 

                                                                                                                                     Vers : Le Monument aux morts d’Estivaux

 

 

 

 

Jean BURGUET 414ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi » le 26 Avril 1918 à LOCRE ( Belgique)

 

La forte poussée des troupes allemandes au début du printemps 1918 sur les Monts des Flandres emportera Jean Burguet…

Et le même jour son « pays » Henri Gauthier disparaitra également !

 

Le 22, la 154éme DI est rattachée au 2ème corps de cavalerie de l’armée du Nord. Le Régiment est placé en réserve de secteur à Westoutre, les 413 et 416ème étant en première ligne dans le secteur de Mont Kemmel-Dranoutre : tout est calme. Mais brusquement le 25 au matin l’ennemi déclenche un bombardement effroyable. On est sans nouvelles du 416ème qui est au Mont Kemmel. Le régiment est alerté et doit, le 26, attaquer en liaison avec la 39ème DI à la gauche pour dégager le Mont kemmel.

Le 26, à 3 heures, le 2ème bataillon ( Capitaine Crepin) et le 3ème bataillon ( Commandant Dangaix ) sont sur leur base de départ : Locre –Ferme Bruloge. A gauche du Régiment, le 156ème RI, à droite le 1er Bataillon ( Cdt Rouast ) qui est passé sous les ordres du Colonel commandant le 413ème. A 3 h 10, l’attaque se déclenche, l’ennemi attaque de son coté. La fusillade est violente ; le bombardement des plus intenses. Les vagues ennemies se succèdent sans interruption. L’ennemi veut en finir, il veut les Monts des Flandres. Mais le Régiment se défend avec la dernière énergie. La bataille dure quatre jours sans un moment d’interruption. Chaque fois qu’un peu de terrain est perdu, il est repris à la baïonnette. Locre et l’hospice de Locre sont âprement défendus, perdus et repris bien des fois. Il en est de même du Cabaret Rouge et de la ferme Krabentof. L’ennemi redouble ses efforts. Le bombardement par projectiles toxiques et explosifs est desplus violents.

Mais tout est vain, les « Monts des Flandres » restent inviolés. Dans la nuit du 29 au 30 le Régiment est relevé.

Le 414ème a perdu dans cette bataille 1 400 hommes, dont 42 officiers

 

 

Henri GAUTHIER 20ème Régiment De Dragons  « Tué à l’ennemi » le 26 Avril 1918 au Mont KEMMEL ( Belgique )

 

Avec Jean Burguet, Henri Gauthier est le deuxième tué, originaire d’Estivaux, en la tragique journée du 26 Avril 1918 !

 

Le 21 mars 1918, les Allemands lancent une vaste offensive sur le front de l'Ouest avec de gros moyens en artillerie. L'armée britannique, alors en première ligne, est obligée de reculer d'une trentaine de kilométres. Une brèche entre les différentes troupes alliées est alors ouverte et la situation devient vite très grave. Les Allemands sont en effet en mesure de bombarder Paris avec des pièces à longue portée, les fameuses " grosses Berthas ".

La réaction des alliés ne se fait pas attendre : 20 divisions françaises sont envoyées en renfort dans les secteurs attaqués et la mise enplace d'un commandement unique sous l'autorité du général Foch est décidée.

Le 20e Dragons arrive à Saleux ( près d'Amiens ) le 27 mars. La 3e D.C est mise en réserve du 2e corps de cavalerie et se tient prête àintervenir à tout moment. La mission du 2e C.C est de défendre Amiens. Les efforts des alliés s'avèrent être payant. L'attaque allemandeest arrêtée mais la bataille gagne le nord et le 10 avril, la 3e D.C part à marches forcées pour Wemaers-Cappel, en Belgique. Le 17 avril, le20e Dragons se déploie près de la ligne de bataille. Les escadrons se sont dispersés afin de passer inaperçus à la vue de l'ennemi. Denombreux tirs de réglage de l'artillerie allemande s'abattent sur les points clés du secteur.

La 10e brigade de cavalarie met alors en place un bataillon à pied sous le commandement du chef d'escadrons Thoreau-la-Salle du 15eDragons. Ce cas de figure avait été maintes et maintes fois répété lors de la période d'instruction du début de l'année. Le 20e Dragons fournit deux compagnies et son peloton de mitrailleuses. L'effectif du bataillon est porté à 387 hommes.

Dans la nuit du 25 au 26, les compagnies montent en ligne. Elles doivent constituer la garnison des monts de Flandre. Les cavaliers ne perdent pas une seconde pour creuser les tranchées car tout laisse à penser que l'attaque allemande est imminente. Ce sentiment est confirmé par un déserteur allemand qui indique aux Français que l'offensive avec emploi de gaz toxiques commencerait à 3 heures du matin.

Effectivement, à l'heure dite, une forte préparation en artillerie commence. Jusqu'à 12h, les obus pleuvent sans discontinuer sur un front de 10 km. Mais, malgré les lourdes pertes qui déciment leurs rangs et les gaz toxiques, les soldats français tiennent bon et les assauts allemands sont vivement repoussés. Les allemands, malgré leur supériorité numérique et leurs puissance de feu, n'ont réussi à percer la ligne française qu'au mont Kemmel, c'est à dire à la gauche du dispositif. Ce succès est relatif car l'ennemi est arrêté par d'autres unités qui lui interdisent la route de Dunkerque.

Cependant, les pertes humaines sont énormes parmi les fantassins et des éléments du 20e Dragons sont mis à la disposition des 413e et 416e régiments d'infanterie. Le régiment n'a pas été épargné lui non plus par l'hécatombe : près de la moitié des dragons ont été tués ou blessés durant les journées précédentes. Le capitaine Toutée et le lieutenant Lassus font partie des victimes.

Le 27 avril, le 20e Dragons est enfin relevé pour aller se reformer à Ledringhem. C'est dans la vallée de la Bresle que le régiment, alors en période d'instruction, apprend qu'il fait l'objet d'une citation à l'ordre de l'armée. Peu à peu, le 20e Dragons se réorganise. Des nouvelles recrues sont incorporées et leur instruction se fait rapidement.

Malgré son échec dans les monts de Flandre, l'ennemi n'a pas renoncé à remporter la victoire. Le 27 mai, il déclenche une nouvelle offensive au Chemin des Dames que les troupes alliées ont délaissé pour le front nord. Les troupes allemandes, en nette supériorité numérique, bousculent les troupes franco-anglaises présentes dans le secteur et atteignent Soissons et la Marne très rapidement. Le commandement alliés ne tarde pas à réagir et toutes les forces disponibles - dont le contingent américain - sont pressées d'intervenir. Le 28 mai, le 20e Dragons reçoit sa feuille de route et se met en marche vers la zone de combat. Le régiment arrive dans la région de Mareuil-sur-Ourq et envoie de nombreuses reconnaissances qui apprennent que l'ennemi tient les secteurs de Neuilly-Saint Front et de Marizy-Sainte Geneviève.

 

Sur les engagements du 20ème Dragons de Limoges, je recommande vivement la visite du site :

http://le20edragons.free.fr/20_dragons.htm

 

 

 

Henri BACHELLERIE 49ème Régiment d’Infanterie  « Blessures de Guerre » le 31 Mars 1918 à BEAUVAIS ( Oise )

 

Le 49ème RI était en garnison à Bayonne…d’Octobre 1917 à Mars 1918 il est engagé en Champagne… Aubérive, Tahure, La Galoche…

Je suis dans l’ignorance de l’endroit où la blessure de guerre d’Henri Bachellerie fut contractée…

 

 

 

Emile COMBY 43ème Régiment d’Infanterie Coloniale  « Tué à l’ennemi » le 9 Juin 1918 à VRIGNY ( Marne )

 

Emile Comby disparaît durant la « Seconde Bataille de la Marne » dont l’issue, d’abord incertaine, s’avèrera décisive… 

 

La cote 240 culmine à l’ouest de Reims au dessus des communes de Vrigny, Gueux, Janvry, Méry-Prémecy.

Ce sommet domine au nord la vallée de la Vesle entre Reims et Jonchery, à l’est la plaine de Reims, à l’ouest le plateau de Janvry, Germigny, Rosnay, au sud-ouest une partie de la vallée de l’Ardre.

Sur ce point stratégique un fort devait y être construit dans les années 1880 ( plans Serré de Rivière ), le projet a été définitivement abandonné en 1888.

De la cote 211 on peut voir presque tous les forts de la ceinture de Reims. Sur trois faces, la « Cote 240 » a été l’objet de combats sanglants causant la perte d’innombrables vies françaises, « coloniales », italiennes, anglaises et allemandes. La prise de cette position aurait permis de prendre Reims, par l’arrière, ville trop bien défendue pour être attaquée de front.

Ce sont les éléments de la 213ème D.I. Allemande et de la 33ème D.I., intégrées à l'aile de la 1ère Armée Allemande qui étaient chargées de l'opération.

31 mai à partir de 8 heures, le village de Vrigny est attaqué par trois régiments après une violente préparation d’artillerie. L’attaque est perturbée par l’artillerie française, située vers Les Mesneux et Bézannes, guidée par l’aviation. Le 74ème R.I. pénètre dans le village mais doit se retirer sous l'effet des bombardements.

A 14 heures 30 une manoeuvre d'encerclement complet échoue, comme l'attaque de la Cote 240 par l’ouest.

1 juin : à 9 heures l'infanterie attaque le village de Vrigny après un violent bombardement, à 12 heures l’attaque est repoussée par les Tirailleurs Algériens. Le 364ème R.I. a également échoué en attaquant à partir de Gueux.

à 20 heures l'attaque est renouvelée « succès manqué pour les deux divisions sur le village », « la Cote 240 a été attaquée par trois fois, avec des pertes énormes occasionnées par les Coloniaux Français ». (doc. allemand) 9 juin : attaque du village et de la Cote 240 par l’ouest, le Bois Planté, le terrain est repris par le 43ème R.I.C.

13 juin : violent bombardement de Vrigny occupé par les Sénégalais, « tout homme qui se découvre est « ajusté » par une mitrailleuse, un fusil ou un mortier français », l’attaque de la face ouest, vers 13 heures est repoussée.

16 Juillet : vers 20 heures nouvelle attaque de la face ouest défendue efficacement par les Sénégalais.

23 juillet : puissant feu roulant sur la Cote 240 et les espaces boisés situés à l’arrière 25 juillet : dernière attaque par le nord-ouest repoussée.

Le 31 Mai. vers 19 heures, un violent bombardement s'abattit sur la région Ormes-Vrigny-Cote 238 ainsi que sur les cheminements qui pourraient être utilisés pour amener des renforts.

A 19h 40, les Allemands déclenchèrent une attaque générale sur cette partie du front. A la cote 238, ils submergérent la première ligne après un très dur combat mais les marsouins de la deuxième ligne contre-attaquèrent vigoureusement à la baïonnette et refoulérent lesagresseurs au-delà de la position. Le 43ème restait maître du terrain.

Après l'échec de leur attaque, les Allemands n'insistèrent pas et les deux adversaires profitèrent du répit pour organiser les positions et remettre de l'ordre dans les unités très éprouvées.

Le 9 Juin en concordance avec la nouvelle offensive lancée sur l'Oise, les Allemands effectuaient une nouvelle tentative pour faire tomber Reims en prenant pied sur la montagne par VRIGNY et la cote 238. A 3 heures, l'artillerie ennemie commença sur les arrières un tir qui tendait à désorganiser le commandement et à neutraliser les batteries françaises, puis. vers 4 heures reporta le tir sur notre premiére ligne qui fut écrasée sous les obus.

Vers cinq heures, les vagues d'assaut se jettèrent sur Vrigny et la cote 238. tentant de submerger les deux bataillons du 43ème R.I.C. qui tenaient ce front. Mais les 4ème (Chef de Bataillon CHAMBERT) et 5ème Bataillons (Chef de Bataillon FAVALELLI) coutre-attaquèrent énergiquement les éléments des 67ème et 368ème Infanterie-Regiment allemands.

La 4ème Compagnie de mitrailleuses (Capitaine JAGGLI). inébranlable dans la défense, brisa tous les assauts de force trois fois supérieures en nombre. Elle fut citée à l'Ordre de la Division (Croix de Guerre avec étoile d'argent).

 

 

François DECOMBEIX 418ème Régiment d’Infanterie  « Suite Blessures de Guerre » le 18 Juillet 1918 à CRANCY ( Oise )

 

Comme Emile Comby, François Decombeix disparaît durant la « Seconde Bataille de la Marne » …

 

 

Après trois mois de secteur en Lorraine et au Bois le Prêtre, et soixante quatre jours à Verdun, au bois Le chaume et au bois des Caurrières, en plein hiver, dans la boue, sous la neige et le bombardement presque continuel des obus boches à Ypérite, le 418ème se trouve en réserve au début des grandes batailles de 1918.

Engagé le 13 Juin au Nord de Villers-Cotterets, où l’ennemi veut forcer les passages clé de la forêt de Retz, il contre-attaque aussitôt le 15 et s’empare de Valsery, en liaison avec les zouaves à Coeuvres.

Le 28, nouvelle ataque où toute la division reprend pied sur le vaste plateau au sud de l’Aisne, base de départ indispensable pour la contre-offensive libératrice du 18 Juillet.

Le 2 Juillet le Régiment s’empare définitivement de Saint-Pierre-Aigle, où l’ennemi, qui voulait tenir à tout prix et y entassait ses disponibilités, lui laisse, en plus des nombreux cadavres qui jonchent le terrain, dix officiers et plus de 300 prisonniers de quatre Régiments différents, des mitrailleuses par dizaines.

Ce haut fait d’armes lui fait obtenir sa seconde citation à l’ordre de l’Armée.

Le 18 Juillet, le 418ème est de la contre offensive qui fit dire à Luddendorff : « ce jour là nous avons perdu la guerre ».

Parti de Fosse en Haut, au sud de l’Aisne ( environs d’Ambleny ) il prend d’un seul bond sept kilomètres de terrain à l’ennemi qu’il culbute, 905 prisonniers et 16 canons. Il ne demande qu’à continuer sa marche sur « la Montagne de Paris » et le Général Mangin en le citant à l’ordre de l’Armée pour la troisième fois, s’écrie : « Héroïque Régiment » !

Le 20 Août, il est encore de la lutte et dégage cette fois le nord de l’Aisne en franchissant la rivière en plein jour à Pommiers et à Soissons.

 

 

Jean GOULMY 43ème Régiment d’Infanterie Coloniale  « Tué à l’ennemi » le 18 Juillet 1918 à VRIGNY ( Marne )

 

Deuxième victime, originaire d’Estivaux, le « 18 Juillet 1918 », Jean Goulmy meurt également durant la Seconde Bataille de la Marne !…

 

Après une journée de durs combats, le front formait un angle presque droit avec la côte 238 pour sommet

Si ce point avait cédé, toute notre ligne entre la montagne de Reims et Reims eut été prise à revers mais le ler C.A.C. faisant front sur les trois côtés, défendit le terrain à tout prix. Toutes les unités engagées furent dignes d'éloges. Dès le 17 Juillet, le Général Mazillier prescrivit de contre-attaquer et donna au 2ème Corps d'Armée Italien l'appui de la 2ème D.I.C. ( Général Mordrelle ), dont l'infanterie était commandée par le Général Porte, ancien Chef de Corps du 43ème R.I.C.. L'attaque fut lancée avec le 43ème R.I.C. et le 64ème B.T.S., le 24ème R.I.C. et le 32ème B.T.S., appuyés par le 23ème R.I.C. et le 104ème R.I. et les régiments de la 6ème D.I. italienne.

L'opération réussit après de furieux combats, un front cohérent fut rétabli. Les Marsouins reprenant Courmas, les attaques allemandes continuèrent en diminuant d'intensité à la suite de l'offensive de la Xème Armée française.

Le 25 Juillet le 4ème Bataillon du 43ème R.I.C. ( Chef de Bataillon Chaumeny ) défendit encore victorieusement la cote 238 contre la 1ère I.D. (prussienne), puis, toute la ligne allemande se replia derrière la Vesle

 

 

Henri BORDAS 2ème Régiment de Zouaves  « Tué à l’ennemi » le 8 Août 1918 à SANTERRE ( Somme )

 

Il faut repousser l’ennemi aussi en Picardie !  Henri Bordas tombe dans la Somme le 8 Août…

 

En 1918, le 2ème Zouaves est engagé en Picardie à Moreuil ( 8 août ) Noyon ( 28 août ), à Chauny, àTergnier

La tâche confiée le 8 août au 2ème Zouaves était digne de lui : enlever d’un seul bond les tranches du moulin de Thennes d’où l’ennemi avait fait partir tant d’attaques, s’emparer d’un seul élan du bois de Moreuil, position formidable d’où les observatoires allemands dominaient au loin les vallées de l’Avre et de la Luce et atteindre le village de Plessier-Rozainvillers.

La progression à réaliser dans la première journée seule était de plus de dix kilomètres de terrain très coupé. A lui seul, le bois de Moreuil, fouillis inextricable de fil de fer, de tranchées et d’arbres abattus, semblait un obstacle presque infranchissable.

A 5 h 05, après une magnifique préparation d’artillerie, le 5ème Bataillon, superbement enlevé par le commandant Rodary, s’élançait à l’assaut, tête haute, avec une héroïque fierté. Le tir de l’artillerie ennemie creuse des trous sanglants dans les rangs ; les zouaves ne s’en soucient guère, enlèvent le moulin de Thennes et commencent une lutte acharnée dans le bois de Moreuil.

Rien ne peut arrêter leur élan, ni le feu des mitrailleuses, ni les obstacles amoncelés à chaque pas.

A 6 h 50, le 5ème Bataillon avait progressé de quatre kilomètres, vaincu toutes les difficultés et cédait au 11ème Bataillon la place d’honneur à l’avant-garde. Il avait bien vengé son chef, l’héroïque commandant Rodary, qui venait de trouver en pleine victoire la plus belle mort que puisse rêver un soldat tel que lui.

En avant du bois de Moreuil, le terrain était coupé de moins d’obstacle. Une série de larges ondulations conduisait jusqu’au village de Plessier-Rozainvillers et offrait un superbe champ de tir aux mitrailleuses allemandes. Le commandant Despas engagea crânement son bataillon sur ces glacis meurtriers, manœuvrant avec la plus grande habileté pour s’emparer des mitrailleuse par les régiment voisins.

Quelle belle journée que celle du 8 août !

Sans pertes trop sensibles, le 2ème Zouaves avait fait plus de 300 prisonniers et capturé 22 canons avec de nombreuses mitrailleuses. Plus de tranchées où l’on doit mener « la guerre de taupes », mais la guerre de mouvement où le soldat français retrouve devant l’espace libre ses vraies qualités de race : l’ardeur et l’initiative.

Le 8 août, en liaison avec les troupes anglaises, le Régiment progresse de 22 km dans les lignes ennemies ( Moreuil ). Il dépasse ses objectifs, occupe les points dominants qui permettent aux régiments voisins de passer l’Avre. Il reçoit une troisième citation : « Véritable régiment d’avant-garde ».

 

 

Leon MASDUPUY 127ème Régiment d’Infanterie « Tué à l’ennemi » le 20 Août 1918 à TARTIERS ( Aisne )

 

Il vient d’avoir 20 ans il y a trois semaines à peine… Léon Masdupuy tombe dans l’Aisne lors des combats de Tartiers…

 

Le 20 Aout la 162ème Division ayant reçu la mission d’attaquer dans la direction générale Tartiers/Chavigny, le 127ème est chargé de l’attaque du nord. Dispositif pris avant le jour : troisième et premier bataillon en profondeur devant opérer sur un front étroit avec mission de déborder Tartiers par le nord, de marcher sur le stand de Vaugerins, deuxième Bataillon marchant sur la Croix à l’Arbre, liaison à prendre avec le troisième bataillon au stand de Vaugerins. Ensemble du dispositif de départ : trois bataillons accolés en première ligne au nord du Boyau de l’égoïsme prolongé.

1er Bataillon (Commandant Engel) Départ à 7 h 10. A 7 h 20 la tranchée de Salsbourg est enlevée et la progression continue jusqu’à celle de Maurace. De là le mouvement est ralenti par le feu des mitrailleuses de Tartiers et de la croupe sud.

A 10h changement de Direction face à l’Est. A 10 h 35 le mouvement est repris appuyé par des tanks du 20ème BCP en liaison à gauche avec le bataillon. Le deuxième objectif est atteint à 14 heures. A 17 h un essai de progression ne eut aboutir. L’ennemi contre-attaque sans succès jusqu’à 21 heures. Au cours de la nuit le 2ème Bataillon du 43ème RI relève le 1er Bataillon du 127ème en première ligne, ce dernier venant se placer derrière lui.

3ème Bataillon (Commandant Rouhier) – Les vagues d’attaque parties à 7 h 10 progressent rapidement dans la direction de Tartiers. A 7 h 30 la tranchée de Salsbourg est enlevée. La progression continue sur le village de Tartiers qui est tombe à 9 heures 30 après un combat de rues opiniâtre. La progression du bataillon continue ensuite jusqu’au stand des Vaugerins où un chef de bataillon, son état-major, et deux compagnies sont faits prisonniers par une section de la Compagnie du Capitaine Dupont de la façon suivante : la 11ème Cie était arrêtée par une mitrailleuse dans un boyau peu profond. Le soldat Hibert en rampant, peut s’approcher jusqu’à portée de grenade de cette mitrailleuse dont il chasse les servants et les poursuit jusqu’à une creute à l’entrée de laquelle il jette ses grenades, ce qui fait sortir un, puis deux, puis trois, puis cent cinquante allemands, qui, un à un, devant lui seul défilent les bras levés. Ils sont recueillis par le Sergent Arnould, les soldats Leplat et Cheron, venus à l’aide.

Hibert, déjà titulaire de la Médaille Militaire pour un précédent fait d’armes (il était arrivé le premier et bien loin en tête de sa section à l’objectif assigné) avait bien gagné la Croix de la Légion d’Honneur qu’il reçut pour cette prise magnifique.

2ème Bataillon ( Commandant Barat ) - Le 2ème Bataillon part à 7 h 10. Il progresse par le ravin sud de Tartiers.

Pendant que la 6ème Cie (Lieutenant Haudebert) contourne le village de Tartiers au Sud, la 5ème Compagnie (Capitane Flamant) suivie de la 7ème Cie (Capitaine Marechal) progressant à droite en liaison avec le 1er Bataillon du 365ème RI (Lieutenant-Colonel Heurtel) qui s’avance sur la crête sud, s’empare du bois au Sud-Est de Tartiers, y faisant de nombreux prisonniers,et, à 9 h 30 est maîtresse de la crête entre le stande des Vaugerins et Cuisy en Almont dont le 365ème RI s’est emparé.

Des centaines de prisonniers, un canon, des minenwerfers et de nombreuses mitrailleuses sont tombés entre nos mains.

Un temps d’arrêt est marqué sur le plateau pour attendre la conquête complète de Tartiers et des Vaugerins.

A 10 h 30 la progression est reprise mais ne peut être poursuivie, le Bataillon ayant son flanc découvert. La 5ème Cie, mitraillée de flanc, perd tous ses officiers.

Trois contre-attaques au cours de la soirée, dont une forte de deux compagnies à 20 h 30 ne donnent aucun profit à l’ennemi.

La ligne atteinte en fin de soirée passe approximativement par Maison Bleue.

L’appréciation du Commandement sur la conduite du 127ème en cette journée se résume dans la Citation ci-après à l’ordre de l’Armée :

« Régiment d’Elite aux annales déjà lourdes de succès. Au cours des opérations récentes a conquis de nouveaux lauriers en menant sous la claire et vigoureuse impulsion de son chef le Lieutenant-Colonel Rapp des actions offensives particulièrement heureuses, a pris deux villages, ramassé 4 canons et s’est emparé de plus de 2 360 prisonniers dont au moins 40 Officiers appartenant à quatre Divisions ennemies différentes ».

 

 

 

Jean GAUTHIER 137ème Régiment d’Infanterie  « Tué à l’ennemi» le 1er Octobre 1918 à SAINTE MARIE A PY ( Marne )

 

Depuis l’été la Champagne est une zone de combat… L’automne 1918 va marquer les percées décisives…

Jean Gauthier est le dernier enfant d’Estivaux directement « Tué à l’ennemi »

 

1er Octobre – Pour l’attaque qui sera déclenchée à l’heure H après une préparation d’artillerie, le 2ème Bataillon reçoit pour objectif la tranchée d’Elbe compris entre le boyau de Landshut et le boyau de Bromberg inclus. Le 1er Bataillon reçoit comme objectif la courtine des tranchées de l’Elbe et d’Essen, entre le boyau de Bromberg exclus et le boyau de Gneisenau. Axe d’attaque – Boyau de Hohenzollern- Pour permettre la préparation d’artillerie, les têtes de colonnes se replient dès 8 heures, au sud de la ligne déterminée par le chemin de terre, prolongement vers l’ouest de la tranchée de Crefeld, jusqu’au boyau de Bromberg, puis parallèle 277,3. A 11 heures 50, dans le 1er Bataillon , les vagues d’assaut sont placées sur le terrain, à cheval sur le boyau de Hohenzollern. A midi le bataillon s’élance à l’assaut des positions fortement organisées de la tranchée de l’Elbe, pénètre dans cette tranchée. Quelques éléments attaquent la tranchée d’Essen, et tombent sur des canons anti-tanks. Mais le feu des mitrailleuses ennemies non détruites par la préparation d’artillerie, et très nombreuses, obligent les vagues d’assaut à refluer dans le boyau de Hohenzollern, seul abri existant sur le glacis. Le Sergent Breton de la 3ème Cie, réussit seul à se maintenir dans la tranchée ennemie et fait 18 prisonniers.

Le 1er Octobre soir, 2 compagnies du bataillon Huot ( 64ème ) passent en tête de colonne dans le boyau de Hohenzollern. Le bataillon Huard s’élance également à l’assaut à 12 Heures, prenant comme axe de marche le Boyau de Bromberg. Des éléments de ce Bataillon ( S/Lieutenant de Perricot, Lieutenant Fouganet, Adjudant Parvy ) réussissent à l’Ouest et à l’Est du boyau de Bromberg, à prendre pied dans la tranchée de l’Elbe.

A ce moment, deux contre-attaques des ennemis venant des tranchées obligent toute la ligne à stopper puis à refluer à 250 mètres au sud de la tranchée de l’Elbe. Le capitaine Huard commandant le deuxième bataillon essaie d’entraîner à nouveau ses hommes à l’assaut de la position. Il s’élance en tête de son bataillon avec les Capitaines Sol et Soulié. Mais clouée à terre par un feu terrible de mitrailleuse : cette tentative demeure infructueuse : le Capitaine Huard est tué, ayant pas son attitude donné un exemple splendide de sacrifice et laissant dans le cœur de tous avec la plus vive admiration pour sa haute conscience de ses devoirs de soldat, le regret amer d’avoir perdu en lui un chef aimé et respecté.

Sous la direction du Capitaine Sol on reconstitue les unités très éprouvées. Vers 10 heures la 12ème Compagnie du 64ème est envoyée en soutien du 2ème Bataillon dans la tranché de Bromberg.

En somme l’attaque n’a pas réussi mais le régiment a fait preuve de d’admirables qualités. La position a été atteinte d’un seul élan et sur certains points emportée ; malheureusement les mitrailleuses ennemies, très nombreuses, servies par un personnel d’élite décidé lui aussi à mourir et dont les feux se croisaient sur nos vagues d’assaut, ont creusé dans nos rangs des vides très sérieux . Il n’a pas été possible de se maintenir sur la position, les éléments qui l’avaient atteinte ayant été isolés du gros des notres par un violent tir de barrage ennemi précédant une contre attaque immédiate.

La situation des nôtres demeure critique ; accrochés au terrain sur un glacis balayé par l’ennemi, ils ne peuvent ni circuler, ni bouger de jour ; les seuls abris contre les balles sont les boyaux de Hohenzollern et de Bromberg, boyaux très peu profonds que l’ennemi bombarde.

Néanmoins chacun s’obstine et la volonté de vaincre malgré les pertes reste entière.

2 Octobre – La nuit du 1er au 2 Octobre est employée à chercher à regagner du terrain par des combats à la grenade. A 5 heures une compagnie Américaine vient prendre place dans le boyau de Bromberg et dans les éléments avancés de la ligne de résistance ennemie, enlevée le 1er Octobre par une compagnie du 264ème

Le 2ème Bataillon attaque à nouveau à 12 h 15 en coopération avec les Américains à sa droite. Mais les Américains ne bougent pas : l’attaque du 2ème Bataillon reste sans résultats. A 18 heures 30 un officier Américain prévient le Capitaine Sol ( 2ème Bataillon ) que l’attaque Américaine va avoir lieu.

A 19 Heures sur l’initiative du Capitaine Sol, le Bataillon s’élance à l’assaut des tranchées ennemies en liaison avec l’aile gauche Américaine. L’axe d’attaque est le boyau de Bromberg : la tranchée de l’Elbe et d’Essen et la partie du boyau de Bromberg, qui les relie, enlevés jusqu’à 500 mètres E de 63,80 sont nettoyés et rapidement organisés. Une progression à la grenade à l’Ouest du boyau de Bromberg dans les tranchées d’Elbe et d’Essen permettent un gain de 250 mètres, la capture de quelques prisonniers et 7 mitrailleuses.

Le S/lieutenant de Perricort entraînant ses hommes avec une bravoure incomparable se couvre de gloire.

Pendant toute la journée du 2 Octobre les Compagnies du Bataillon Huot qui sont en tête de la colonne de gauche dans le boyau de Hohenzollern essayent vainement de progresser. Le feu des mitrailleuses ennemies enfile le boyau et le prend d’écharpe empêchant toute tentative de réussir.

 

 

Pierre CESSAC 49ème Régiment d’Infanterie  « Blessures de Guerre » le 19 Octobre 1918 à LAON ( Aisne )

 

Moins d’un mois avant l’Armistice décède de « Blessures de Guerre » Pierre Cessac… Le lendemain ce sera au tour de Louis Vialle !

Pierre Cessac appartenait au même régiment que Henri Bachellerie...

Pour lui aussi je suis dans l’ignorance du lieu où sa blessure fut contractée…

En Mars-Avril 1918 le régiment fut engagé dans la Somme… A l’automne dans le Laonnois…

 

 

 

Louis VIALLE 319ème Régiment d’Infanterie « Suites de blessures de Guerre » le 20 Octobre 1918 à VANDY ( Ardennes )

 

Un jour après Pierre Cessac, Louis Vialle décède des « suites de blessures de guerre »

 

 

 

 

1919

 

 

 

 

François DOULCET 155ème Régiment d’Infanterie  « Maladie contractée en service » le 20 Decembre 1919 à l’Hopital 19 ( Marne )

 

Le 11 Novembre 1918 n’était qu’un armistice…Il n’a pas entrainé ipso facto la démobilisation générale des soldats mobilisés…

Le gros des troupes est demeuré sous les drapeaux en 1919…

Le décès de François Doulcet est enregistré plus d’une année après le 11 Novembre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ICI SE TERMINE UNE BIEN TROP LONGUE LISTE

 

 

 

 

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